Voilà un film qu’on est bien contents d’aller voir en plein week-end de Berlinale. On pense pouvoir se détendre entre des films du Kirghizstan ou de RDC. Mais on est finalement encore plus heureux d’en sortir pour aller voir autre chose.

UN DINER SOUS TENSION

Le film raconte un dîner entre deux frères et leurs épouses. Paul (Steve Coogan) est professeur d’his- toire en université, et jaloux de son aîné, Stan (Richard Gere), politicien en pleine campagne pour devenir gouverneur. Le dîner est tendu pour une raison qu’on découvre progressivement, dans un des restaurants les plus chics de la ville.

Alors que Stan est interrompu en permanence par sa secrétaire pour prendre des appels, Paul ne rate pas une occasion pour faire une remarque désagréable sur le restaurant, le service ou sur son frère.

CONFUSIONS PLUTOT QU’EXPLICATIONS

On comprend progressivement que les enfants des deux couples sont amis et viennent de tuer atro- cement une clocharde. Ils n’ont pas été identifiés mais les parents se demandent s’ils doivent le ré- véler à la presse ou non.

 

Cependant, au lieu de se concentrer sur la raison principale du dîner, comme l’avait plutôt réussi Roman Polanski dans Carnage, le film s’obstine à vouloir donner les explications de l’inimité qui réside entre les deux frères. De nombreux flashbacks ratés sur Paul qui a perdu son ex-femme et qui est devenu fou, qui au lieu de démontrer la mauvaise éducation de son fils, ne font que compliquer l’histoire et perdre l’attention du spectateur. Très lent et confus pour un film de deux heures qui perd très vite toute prétention à être esthétique et réfléchi.

GERE QUI NE RATTRAPE PAS L’INSUPPORTABLE COOGAN

1,5 point quand même pour le générique qui présente les plats du repas de manière caricaturale et pour les scènes d’introduction au cours desquelles on trouve Steve Coogan drôle, tel Bénabar qui n’a pas envie d’aller à ce dîner.

Malheureusement, Coogan devient vite très lourd, et malgré le talent et la classe de Richard Gere, on ne peut pas dire que ce film vaille le coup d’être vu pour le jeu des acteurs. Les femmes elles ne jouent qu’un rôle de figuration, faisant les potiches heureuses de bien s’habiller et se maquiller pour accompagner leurs maris.

Un film qui parle d’un dîner, sans saveur ni odeur, on préférera nettement aller voir Trainspotting 2 pour vraiment se détendre ou Centaures pour vraiment se faire chier.

L’Ours

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