I hurt myself today  

To see if I still feel 

I focus on the pain 

The only thing that’s real 

The needle tears a hole

The old familiar sting 

Try to kill it all away 

But I remember everything

La bande-annonce promettait beaucoup : sur un fond musical country – Hurt , de Johnny Cash –, on découvre Wolverine devenu Logan, affaibli, vieilli, nostalgique, dans un western aux décors apocalyptiques et désertiques et aux côtés d’une jeune fille intrigante.

UNE REALISATION QUI REMPLIT SES PROMESSES
Sur le plan de la réalisation, les attentes sont totalement confortées, puisque la violence graphique des scènes d’action, la qualité de la bande son de Marco Beltrami et le Road Movie à travers des étendues désertiques rappellent la radicalité d’un Mad Max . Le travail du directeur de la photographie John Mathieson qui travaille régulièrement sur des Odyssées d’un tel ordre – Gladiator
de Ridley Scott, ou encore dans le prochain Guy Ritchie, Le Roi Arthur – est ici mis en valeur avec de nombreux plans larges dans le désert ou dans la forêt. Cette atmosphère est largement inspirée du comics Marvel « Old Man Logan ».
UN FILM SUR LA TRANSMISSION, QUI MANQUE DE COHERENCE
La performance bestiale d’Hugh Jackman est à noter : il incarne le loup solitaire, primitif, nomade, qui assène ses derniers coups, et qui a pour seul ennemi lui-même et son renoncement – « Il y a encore de l’espoir », selon le professeur Xavier –, renforçant encore l’icône que constitue ce personnage Marvel au destin spécial par rapport au reste des X-men. C’est toutefois ce qui fait défaut au film : si le thème du renoncement et de la déchéance est largement traité, on peut regretter l’absence d’adversaires convaincants face à Logan et la jeune mutante qu’il tente de sauver en l’amenant à un lieu de rencontre entre ceux qui semble constituer la nouvelle génération de mutants Marvel. Le film fait alors plutôt office de passage de flambeau, évoquant notamment les thèmes de la famille et de la transmission, avec des morts marquantes et parfois imprévisibles, sans toutefois trouver une cohérence interne.
logan 2
LE SOUVENIR ET LE MYTHE
La principale force du film réside dans sa mythologie, sur le thème du souvenir notamment. Reprenant les décors caractéristiques du personnage – la forêt notamment, lieu de la découverte de son superpouvoir animal au début de la trilogie –, le réalisateur file la métaphore du souvenir en utilisant la figure du sable, du désert, de la poussière pour évoquer l’amnésie, la déchéance, la décomposition, l’oubli. Le mythe des X-men est même évoqué dans le film quand la jeune fille évoque un comics. Cette double énonciation nourrit une forme de nostalgie : c’est sous bien des formes un dernier chapitre, un excipit pour le personnage et pour toute une génération de spectateurs des X-men. Sans déboucher sur un anéantissement nihiliste, le film parvient à trouver deux voies de sorties cohérentes : la possibilité d’échapper à la mort et à ce monde primitif avec cette nouvelle génération d’adolescents mutants d’abord, et surtout le repos final d’un personnage torturé au terme d’un voyage – au sens réel et figuré – sinueux et torturé.

« Il y a un but, mais pas de chemin ; ce que nous nommons chemin est hésitation » (F. Kafka).

 

If I could start again
A million miles away
I would keep myself
I would find a way
Buendia
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