C’est au milieu de l’immensité et de la sécheresse des plaines texanes, simplement ponctuées par le mouvement lancinant des foreuses à pétrole que l’histoire s’ouvre. Deux frères se retrouvent après le décès de leur mère. Rien de jovial dans cette réunion familiale. Les deux hommes ont en tête un projet machiavélique : celui d’organiser une série de braquages d’agences appartenant à la même banque dans toutes les villes à la ronde. Ils n’ont que quelques jours avant la saisie de leur propriété et comptent rembourser la Midlands Texas Bank, responsable de leur situation, avec leur propre argent.

Le dépouillement aride du décor se fait ressentir jusque dans le caractère du plus jeune frère, Toby, jeune parent divorcé et cerveau de cette affaire. Son aîné, un ancien prisonnier à la gâchette facile, l’aide dans son entreprise plus pour l’amour de l’adrénaline que pour l’ambition de sauver la ferme familiale.

Le deuxième duo de l’histoire est composé de Marcus Hamilton, vieux ranger aux idées arrêtées qui s’embarque dans la dernière affaire de sa carrière avant la retraite et son partenaire Alberto, un amérindien qui subit la soumission raciale et hiérarchique de sa position.

« UNE CHRONIQUE ACERBE ET POIGNANTE D’UNE AMERIQUE SOLITAIRE ET EGAREE »

Deux histoires parallèles, deux histoires de fraternité teintée de l’amertume propre à l’époque et à la géographie. Mordant à quelques reprises sur l’humour facile et les clichés, David Mackenzie, le réalisateur, réussit à nous transporter dans un univers de testostérone tout en conservant subtilité et intelligence : une performance qui lui a valu sept nominations dans la sélection « Un certain regard » au festival de Cannes. Avec un sujet portant aussi bien sur la désagrégation du lien social que sur les conséquences imprévisibles et désastreuses du despotisme de l’argent, on assiste à une chronique acerbe et poignante d’une Amérique solitaire et égarée.

Cléopâtre

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