C’est avec effroi que Christian et Marie-France De Paillères, deux voyageurs invétérés, constatent la situation de la décharge de Phnom-Penh en arrivant au Cambodge. L’innocence brisée de ces nombreux enfants qui travaillent pieds nus au milieu des immondices pour récolter quelques déchets à revendre les touche au plus profond de leur âme. On ne peut plus continuer comme ça, se disent-ils. Ils arrêtent alors leur périple et construisent un centre d’éducation pour ces jeunes, les soustrayant à une condition affolante de violence. Petit à petit, le projet de ce couple de Français grandit, ils sortent de plus en plus d’enfants de la misère avec les difficultés que cela pose : souvent maltraités par leurs parents, les petits sont censés rapporter de l’argent à leurs familles, il faut donc compenser les parents par le manque à gagner de voir leur fils ou fille partir apprendre à lire au lieu de travailler. L’argent est dépensé en alcool qui fait lie de la violence familiale, ils sont donc rétribués en kilos de riz.
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UN DOCUMENTAIRE TOUCHANT, MAIS JAMAIS MISERABILISTE
Tout au long de ce documentaire, nous suivons chronologiquement le parcours de Christian et Marie-France et leur combat quotidien pour faire avancer les choses. Images d’archives et témoignages récents ponctuent le cours du film. On se familiarise avec l’association « Pour un Sourire d’Enfant » qu’ils ont montée, grâce aux quelques portraits de jeunes enfants secourus. Des parcours poignants. Pourtant, rien de larmoyant dans ce film qui choque à première vue mais redonne espoir. Les Pépites participe inconsciemment à en finir avec le découragement face à une situation humanitaire de crise. Comme le dit très justement Christian De Paillères, il est facile d’être indifférent à des chiffres et des statistiques (50% des enfants de Phnom-Penh sont exploités dans les cercles de prostitutions) mais quand on connaît les visages, les noms, les parcours individuels, l’engagement empathique est presque automatique et immédiat. Grands-parents de ces milliers d’enfants secourus, « Papy » et « Mamy », comme ils ont été surnommés, ne s’arrêtent pas simplement à l’éducation primaire. Désormais « Pour un Sourire d’Enfant » amène les jeunes jusqu’au Bac et vient de mettre en place une vingtaine de filières professionnelles.
A défaut d’être un film avec des qualités techniques exceptionnelles, on ressort de notre séance bouleversés, mais d’une certaine manière apaisés de voir que certains se mobilisent de cette façon. On ne plonge pas dans le misérabilisme de la condition humaine, bien au contraire.
Cléopâtre
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