Partisan, c’est le premier long-métrage co-écrit et réalisé par Ariel Kleiman, présenté à Sundance en 2015 . Le jeune australien était déjà un habitué des grands festivals : ses courts métrages Young Love et Deeper Than Yesterday, réalisés alors qu’il était encore en école de cinéma, étaient passés par Sundance et Cannes. Inutile de dire qu’on en attendait beaucoup de ce film, porté par nul autre que Vincent Cassel, pas mal pour un premier essai.

UNE COMMUNAUTE RECLUSE

Comme les récents The Wolfpack ou Captain Fantastic, Partisan fait le portrait d’une commu- nauté qui vit volontairement exclue du reste du monde, à croire que ce sujet est en vogue, à l’heure où vivre en société, c’est so 2014.

Gregori (Vincent Cassel), un gourou charismatique, a rassemblé autour de lui des femmes rejetées et vulnérables, qu’il a recueillies dans des hôpitaux ou dans la rue, et qu’il a prises sous son aile avec leurs enfants. Il a créé autour de lui un microcosme où il élève ces enfants en leur assurant que le monde extérieur n’est que laideur et cruauté. En réalité, on découvre qu’il forme ces petits chérubins à devenir des tueurs à gage pour payer les factures, et les bijoux qu’il offre à ses compagnes pour entretenir leur fidélité aveugle. Jusqu’au jour où Alexander (le spectaculaire Jeremy Chabriel), commence, du haut de ses 11 ans, à remettre en cause l’autorité de Gregori…

 

UN FILM SUR LES DECHIREMENTS FAMILIAUX

Le tempo est parfaitement maîtrisé, au rythme de la sublime bande originale aux connotations électro, composée par Daniel Lopatin (The Bling Ring), qui ne nous dévoile pas trop hâtivement les clés de la complexité des personnalités de Dimitri et d’Alexander, et de leurs rapports avec leur famille commune.

Car c’est bien de famille qu’il s’agit dans ce film, avec tout ce qu’elle implique : l’autorité (légitime ou pas) et ses abus, la rébellion, l’amour, la jalousie, la compétition et la manipulation. Les paysages désolés des villes abandonnées de la Géorgie communiste forment le parfait décor qui nous rappelle qu’une famille, c’est une communauté qui s’aime et se déchire, au milieu de nul part.

 

« UNE ŒUVRE IMPRESSIONNANTE MAIS ASSEZ IMPARFAITE POUR QU’ON ATTENDE LA PROCHAINE »

Ariel Kleiman a réussi son pari de ne pas décevoir ceux qui l’attendaient au tournant tout en restant aussi prometteur en nous présentant une œuvre impressionnante mais assez imparfaite pour qu’on attende impatiemment la prochaine.

Mais c’est Jeremy Chabriel qui vole la vedette avec une performance à couper le souffle, juste et subtile, au point qu’on n’a même pas besoin d’évoquer son jeune âge pour la juger bien au delà de toute attente, même face à un Cassel en grande forme. Avec Jacob Tremblay dans Room, les jeunes pouces du cinéma nous démontrent qu’ils n’ont rien à envier aux acteurs confirmés.

Le CDB valide ce film et on a hâte de voir ce que Ariel Kleiman et Jeremy Chabriel nous réservent à l’avenir !

 

Jafar Vizir

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