Vous aurez, nécessairement, entendu parler de « Stranger Things », « LA série de l’été-han » produite par Netflix. Ou alors vous vivez dans une grotte. Je ne juge pas, je trouve ça dommage, c’est tout. Le pitch : en 1983, dans une petite ville de l’Indiana où rien ne se passe jamais, soudainement, une horrible créature s’évade lors d’un accident dans un laboratoire voisin, un gamin disparaît, et un autre aux étranges pouvoirs fait son apparition… à la suite de quoi, un petit groupe d’adolescents, une mère éplorée et un shérif désabusé mènent l’enquête. Je ne m’étendrai pas sur l’exhaustivité des qualités de la série, d’autres s’en chargeront bien mieux que moi, mais je prendrai la liberté d’espace et d’expression qu’offre notre cher Changement de Bobine pour exprimer ce que j’en retiens. Because I CAN.

UNE MUSIQUE ENTRE ANNEES 80 ET MODERNITE

Tout d’abord, et avant tout : la musique. Magique. Et ce, dès le générique, un des plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Une sorte d’ambient rétro au synthé, tantôt douce et envoûtante, tantôt franchement inquiétante, toujours ancrée dans l’esprit 80’s qui baigne la série mais également dans une modernité qui rappellera à certains la bande originale de Drive . Composée par Kyle Dixon et Michael Stein, moitié quatuor de synthé SURVIVE, elle sera disponible à l’achat dès le 16 septembre, et mérite à elle seule que l’on regarde la série. D’autant qu’elle s’agrémente de chansons des Clash ou de Joy Division : il y a pire.

LES ANNEES 80 COMME « UNE MATIERE MALLEABLE ET FECONDE »

J’aimerais également revenir sur cette supposée « nostalgie des années 80 » que l’on peut lire partout lorsque la série est évoquée. Quelle nostalgie ? Pour ma part, je n’ai absolument pas connu cette décennie, et, me trompé-je ? vous non plus. Je ne vois donc pas bien en quoi « Stranger Things » jouerait sur un désir de retour à ces années Reagan, Thatcher, Mitterand, moumoutes maxi-volume et mitaines en cuir (bon, ok, pour ce dernier point, je peux comprendre). Ce que la série exprime surtout, selon moi, au travers ce fourmillement de références aux œuvres cinématographiques et littéraires de l’époque, Brume de Stephen King, E.T. de Spielberg, The Thing de Carpenter, c’est que les années 80 ne sont plus une décennie ancrée dans un contexte et une réalité historique, mais une matière malléable et féconde, déformable à l’envie pour un public actuel, qui ne la connaît finalement plus qu’à travers sa production artistique, tout comme l’ont été les années 50 pour le public des années 80 avec Grease ou Retour vers le futur (wallaaah Inception mon gars, méta-références laisse tomber j’ai pas compris).

Certes, tout n’est pas parfait dans Stranger Things. Attardons-nous d’ailleurs sur le trio principal des gamins. OUI, PARLONS-EN DES GAMINS. J’en ai vu des têtes à claques, mais eux, ils ont bien gagné une place dans mon top 5. J’avoue avoir eu du mal à contenir mes pulsions de violence devant leur litanie de références de sousgeeks : « Mais oui, c’est comme le Demogorgon dans Donjons & Dragons ! », « Franchement, t’es plus bête qu’un gobelin des cavernes » aaah mais FERMEZ-LA. Fucking nerds. Ok, c’est pas cool de se faire bully à l’école, mais faut pas tendre des perches non plus. Ceci posé, même mon agacement à leur égard avait quelque chose d’amusant, et les autres personnages restent crédibles et attachants, donc tout est pour le mieux.

En résumé, si vous êtes en quête d’un bon divertissement avec un petit je-ne-sais-quoi en plus, Stranger Things est fait pour vous : en seulement 8 épisodes, soit une nuit blanche, ça se mange sans faim.

Dess

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