Après l’Inconnu du Lac , qui avait donné chaud à toute la communauté invertie de la Croisette, Alain Guiraudie est revenu cette année avec Rester Vertical , film profondément en opposition par rapport à son précédent.

Rester Vertical est, contrairement à son titre, un film horizontal par tous les thèmes qu’il aborde : l’abandon d’un enfant par sa mère, la misère sexuelle et affective des paysans, la paupérisation et bien d’autres. On peut penser que Guiraudie se perd à travers tous ces thèmes, qu’il y a à boire et à manger. Mais la force du film est justement de les aborder, de les traiter et de les montrer tout en leur laissant leur essence profondément étrange, marginale, dérangeante. C’est simple, on se croirait devant un épisode de la série documentaire Striptease sur France 3.

Alain Guiraudie filme en effet avec crudité et sans artifice (la scène d’accouchement est sûrement la meilleure campagne pour la contraception) ses personnages et leur environnement. Les hommes n’ont pas le beau rôle dans son film mais ce sont ceux qui bénéficient d’un traitement complexe notamment dans leur masculinité qui s’avère tour à tour défaillante, effrayante et même mortifère (lors d’une scène d’anthologie qui brise les tabous et sans pour autant choquer le bourgeois).

Difficile de trouver une direction, du sens malgré les différentes pistes présentes dans le film. C’est au spectateur de trouver une certaine verticalité, toute incertaine et frêle qu’elle soit.

Type Fée

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