Julia Ducourneau. Retenez ce nom. Cela pourrait bien être la nouvelle Alexandre Aja du cinéma d’horreur. Avec son premier long-métrage Grave , la réalisatrice s’est imposée à la Semaine de la Critique avec un film qui ose tout et le revendique, tout en brouillant les genres de l’horreur, de la comédie et du drame.

N’Y AURAIT-IL QU’UN SEUL PAS DU VEGETARISME AU CANNIBALISME ?

Justine, végétarienne depuis sa naissance, fraîchement rentrée en véto goûte pour la première fois de la viande lors d’une séance de bizutage. Cette plaisanterie anodine est pourtant traumatisante et réveille en elle des désirs et des pulsions profonds et irrépressibles. Après une phase de rejet que lui fait subir son corps, elle ne peut s’empêcher d’y prendre goût. Le basculement arrive lors d’une scène d’anthologie, qui en a fait partir plus d’un de la salle de projection, où Justine se délecte de viande humaine et embrasse sa nature cannibale… Ce qui fait l’originalité de Grave c’est de s’aventurer sur les sentiers de la série B et du mauvais genre tout en revendiquant ces détours parfois graveleux. Il ne cherche pas à tomber dans le sensationnalisme primaire, il se contrefout juste des règles quant à l’obscène en abordant des sujets qui peuvent s’avérer scabreux (le cannibalisme, la sexualité, etc.).

Grave est jouissif car il nous amène là où dans un cinéma traditionnel, la retenue aurait été de mise. Il n’est pas pour autant un film décérébré et comme tout (bon) film d’horreur, derrière un vernis d’épouvante, il aborde des thèmes universels : le passage à l’âge adulte, l’acceptation de ses désirs, la place dans une/la société. Âmes et estomacs sensibles s’abstenir.

Type Fée

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