LA PARANOÏA DU GEEK

« I’m about to change the world, I’m about to change the world » : c’est le credo d’Elliot Alderson, brillant ingénieur informaticien paranoïaque et psychotique incarné par Rami Malek (si si, un vampire de Twilight). Pendant ses heures ouvrées, il protège la sécurité virtuelle d’un conglomérat, E. Corp, dont on ne saura jamais trop la fonction précise sinon qu’il concentre le pouvoir bancaire et financier dans les mains de quelques bureaucrates en costume noir. Dès qu’il sort de son bureau à l’ambiance aseptisée, il enfile un hoodie noir pour aller hacker à peu près chacune des personnes qu’il croise.

Dès le premier épisode, Elliot rencontre le personnage qui va changer le cours de sa vie, Mr Robot. Il adhère, hésitant, à son projet anarchiste d’effacer virtuellement toutes les dettes du peuple américain en piratant le système d’E. Corp. Le côté roots du projet est fidèlement représenté, le hacking se déroulant dans une salle d’arcade désaffectée, un univers d’enfance détourné qui rajoute au glauque de la série.

UN GEEK TOURMENTE ET SACREMENT DROGUE

La série pourrait se réduire à ce pitch de complot technologique. C’est sans compter l’exploitation de la psychologie complexe du personnage principal qui finit par déformer la réalité que nous donne à voir la caméra. Eliott est un vrai misanthrope qui fait profil bas au quotidien, fuyant tout regroupement social. Il prend aussi régulièrement des drogues, de la morphine à l’héroïne dans ses périodes les plus angoissées. Paranoïaque, il surnomme E. Corp « Evil Corp », pense que des sortes de men in black le suivent dans la rue et surtout, grâce au piratage, il finit connaître les secrets les plus sales de ses connaissances. Mais ce qui fait d’Eliott un hacker particulier, c’est qu’il semble vouloir endosser le costume d’un justicier, punissant les autres selon ce qu’il juge bien ou mal.

LA SERIE FINIT PAR NOUS MANIPULER

Outre le réalisme des techniques de geek, la série utilise merveilleusement bien cet univers mental. La voix off d’Eliott nous immisce dans ses pensées et brouille les dialogues de certaines scènes, les séquences se saccadent et se brouillent comme son esprit. Au point qu’on se demande où est la frontière entre la réalité et l’intériorité d’Eliott, si cette révolution bancaire n’a pas été hallucinée de A à Z.

 

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