COMMENT LE GENIE D’UN HOMME A DONNE NAISSANCE A LA MEILLEURE  SERIE FRANCAISE

En 2005, Yvan le Bolloch et Bruno Solo cherchent un remplaçant pour leur série Caméra Café diffusée alors sur M6. Après être tombés sur le court-métrage Dies Irae d’un homme-orchestre encore inconnu (acteur, comédien, metteur en scène, musicien, compositeur), ils proposent à Alexandre Astier d’adapter son court-métrage en une série.

LE SACRE GRAAL

Difficile d’être passé à côté du phénomène Kaamelott, diffusé en continu sur M6 entre 2005 et 2010, et encore rediffusé régulièrement sur les autres chaînes. Durant 6 livres, on a pu suivre les aventures du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde redoublant sans cesse de médiocrité dans leur quête du Saint Graal. Mais pour beaucoup, Kaamelott est restée la série française sans grande ambition et à l’humour franchouillard de leur enfance. Il est évident que la comédie est la caractéristique première de la série. Mais déjà dans ce domaine, Alexandre Astier joue la carte de l’originalité en mêlant l’humour français (comique de geste et burlesque rappelant Louis de Funès) à l’humour absurde et pince-sans-rire des Anglais (l’inspiration première de Kaamelott vient de Monty Python and the Holy Grail ).

Pourtant, Kaamelott est une série à l’intelligence débordante, tellement intelligente qu’elle sait se faire passer pour une série débile aux yeux de ceux qui ne méritent pas de l’apprécier à sa juste valeur. Cf. épisode « La Quinte juste »

LIVRES I, II, III ET IV VS. LIVRES V ET VI

Quand il s’agit de Kaamelott, on entend toujours les meilleurs commentaires revenir inlassablement : « jusqu’à la saison 4 c’était trop drôle mais après c’était vraiment nul ». En effet, les livres V et VI marquent un vrai tournant pour la série en adoptant un nouveau format (épisodes de 45 minutes au lieu des petites vignettes de 3-4 minutes) et le livre VI se veut précurseur en étant un prequel de la série, à une époque où cet exercice de style était encore peu en vogue. Astier prend le parti de mettre moins d’humour et plus de gravité dans ces deux derniers livres.

Pourtant dès la fin du livre II et dans les livres suivants, Astier commence à développer les relations et les personnalités de ses personnages (notamment Arthur/Perceval ou la dépression d’Arthur). Sa volonté est de cumuler les tons en entremêlant la comédie et le drame « comme dans la vie où alternent les moments de joie et de tristesse ». C’est probablement ce mélange des genres qui a dérouté plus d’un spectateur mais c’est, à mon sens, ce qui fait tout l’intérêt de la série et lui donne une autre dimension.

VERS DE NOUVEAUX HORIZONS

Six ans après l’arrêt de la série, l’univers et les personnages de Kaamelott vont bientôt être de retour mais sur grand écran cette fois. En effet, depuis le début de la série, Astier a toujours fait part de sa volonté de clore Kaamelott par 3 long-métrages.

Le Délateur

 

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