Ah, La Quinzaine des réalisateurs… « contre-festival » de Cannes géré par des membres de la Société des Réalisateurs de films (SRF) de façon indépendante depuis les évènements de mai 68 – date de sa création.  « Sans contraintes idéologiques ni techniques et représentative des cinémas du monde », la Quinzaine défend une réelle liberté de choix. De cette liberté en découle du bon et du moins bon. N’oublions pas que c’est la Quinzaine qui révéla George Lucas, les frères Dardenne ou encore Spike Lee à la communauté cinéphile internationale.

Entre ces grands noms d’un côté, et des vomissures cinématographiques qui feraient passer votre cours de Droit d’un lendemain de Foy’s pour Disneyland de l’autre, se situent des films sans grande prétention, car sans grands moyens ni célébrités DiCaprioresques. Et l’histoire nous rappellera que c’est souvent de cette modestie que naissent les plus grands chefs d’œuvre. Divines (oui, je vais enfin en parler) en ferait-il parti ? La Caméra d’or, prix récompensant le meilleur premier long métrage, remise à Houda Benyamina, la réalisatrice, nous laisse en tout cas espérer que oui, Divines va laisser sa trace dans le paysage filmique.

TONY MONTANA AVEC UNE BAGUETTE DE PAIN ET UN BERET ?

Divines, donc, c’est l’histoire de Dounia (Oulaya Amamra), une jeune fille qui en a marre. Marre de vivre dans un camp de roms, marre d’être dévisagée par les vigiles des centres commerciaux lorsqu’elle porte sa djellaba et son voile, marre de devoir passer un bac-pro administration pour finir secrétaire payée au SMIC. Dounia veut plus, toujours plus. Et pour ça, elle est prête à tout. Abandonner ses études ? Ok. De toute façon dans 2 mois, elle gagnera plus qu’une pseudo secrétaire à la botte d’un patron raciste et misogyne. Dealer, voler, arnaquer des barons de la drogue pour un caïd de sa cité ? Pas de problème. Tant que le crime paie. Divines, c’est un peu le Scarface, version féminine, des banlieues parisiennes.  Entre chômage, malaise social et combats politiques, Dounia est ambitieuse et essaie de s’en sortir avec les opportunités qu’on lui offre. Son grand frère spirituel, Tony, le résume bien : « J’ai des mains faites pour l’or et elles sont dans la merde ! ».

UN MELODRAME TOUT DROIT SORTI DU QUATRE-VINGT ONZE

L’histoire, somme toute, n’est pas très originale : une comédie dramatique, un soupçon de buddy movie et des références pêle-mêle à la génération 2.0. La force du film ne réside pas dans son intrigue mais dans l’expérience qu’il fait vivre aux spectateurs. Celui-ci se retrouve plongé au cœur des banlieues parisiennes sans jamais en sortir pendant une heure trente. Des scènes dures, des dialogues crus, du vécu à revendre, voilà ce que nous offre Benyamina et son équipe. Portée par de jeunes acteurs issus du neuf-un, Divines respire l’authenticité. On applaudira la performance de Déborah Lukumuena (Maimounia, meilleure amie de Dounia), dont c’est le premier métrage, véritable révélation du film.

« Money, money, money »

Maxence

 

 

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