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UNE PRÉLOGIE DÉCRIÉE MAIS PAS À JETER

16 ans après « Le Retour du Jedi », Star Wars faisait son grand retour sur les écrans noirs en 1999. Evénement attendu, l’Episode 1 est un succès dans les salles (8 millions d’entrées rien qu’en France !) mais un désastre critique et une immense déception pour de nombreux fans de la Saga. S’en suivent «L’Attaque des Clones» en 2002 et «La Revanche des Siths» en 2005.

Je vais tenter de rendre autant justice que possible à cette prélogie, trop souvent conspuée autant que souvent insuffisante. Trop insuffisante ? Pêle-mêle : le vide intersidéral d’émotions provoquée par l’idylle pathétique des adolescents Anakin et Padmée dans l’épsiode 2, l’incapacité à rendre Dark Maul plus intéressant dans le 1 (et pourtant il y avait matière) ou juste Jar-Jar Binks. Jar-Jar Binks suffit souvent à discréditer la prélogie. JAR-JAR BINKS BORDEL DE MERDE. On peut même attendre mieux d’un point de vue visuel malgré des effets spéciaux réussis globalement.

Le 1 pêche surtout par l’inconsistance de ses personnages : le jeune Anakin ne pèse pas lourd, Qui-Gon Jinn est plus incompétent qu’autre chose et Dark Maul ne dit malheureusement pas mot et n’est en sorte qu’un objet. Le 2 doit se voir plutôt comme une étape de construction essentielle pour donner au 3 sa puissance dramatique. Christopher Lee est selon moi épatant en Comte Dooku tant on ne sait ses véritables desseins et sa position d’entre-deux qui laisse planer le doute sur les intentions des uns et des autres. Quelques bons moments de bastons et de courses spatiales ça et là rendent tout de même ces épisodes plaisants et le 2 qui finit malheureusement sur le mariage pathétique des énergumènes Padmée et Anakin met le 3 sur orbite pour donner le Chef d’œuvre qu’est « La Revanche des Siths »

L’ÉPISODE 3 : SIMPLY THE BEST

Si vous me demandez mon épisode préféré, je vous dirai le 3. Comment même hésiter ? « La revanche des Siths » est le basculement même de la Saga, le barycentre j’oserais même dire tant les cinq autres épisodes gravitent autour de lui. Le film n’est qu’une lente et profonde tension ascendante qui atteint son paroxysme dans les dix dernières minutes. La bêtise d’Anakin et son immaturité rendent tout simplement dingues mais donnent toute cette tension. Les duels sont dantesques et on ne retrouve jamais des affrontements de tels niveaux dans la série : Mace Windu / Palpatine, Yoda / Palpatine, Obi-Wan / Anakin…

De plus, l’épisode 3 est une démonstration fine de la façon dont un Etat sombre dans le totalitarisme. « Et c’est ainsi que s’éteint la liberté, sous une pluie d’applaudissements. » : la citation de Padmée dans le Sénat est évidemment parlante et ne peut que faire écho aux sombres événements que nous vivons actuellement. Le glissement de la République vers l’Empire est remarquable : les forces qui viennent renverser la République ne viennent pas tant de l’extérieur mais évidemment de l’intérieur avec le Sénateur Palpatine. Les jedis sont manipulés de bout en bout et sombrent dans leur incapacité à sortir de leur dogme de protection de la République. L’utilisation de prétextes extérieurs et d’insécurité en fil rouge donnent une vision géopolitique du processus de manipulation effectué par Palpatine. Nombreux sont même ceux qui ne découvrent d’ailleurs que lors de l’épisode 3 la véritable identité de l’Empereur (encore fallait-il avoir vu les films dès leur sortie et être assez jeunes parce que ne pas comprendre le gros plan fait sur Palpatine à la fin de l’épisode 1 quand on entend Obi-Wan dire que de nombreuses menaces existent encore, faut être bon… Enfin bref).

UN MODÈLE DE TRAGÉDIE

Mais surtout l’épisode 3 est un modèle de Tragédie Cinématographique tant la Force contre laquelle lutte Obi-Wan est insurmontable. Yoda comme lui le comprennent à mi-chemin, trop tard. L’ordre 66 qui demande l’extermination de tous les Jedi est l’accomplissement du Destin tragique tout comme Anakin est d’une sourde évidence l’objet du Destin, n’ayant en fait jamais choisi son devenir. La théorie même de sa création en lien avec son taux de midi-Chloriens (qui fait de lui l’Elu) peut laisser croire que Dark Sidious n’est pas étranger à la venue de son Apprenti, tout comme la naissance de Dark Sidious n’est peut-être pas étrangère à la Force (et donc à son maitre Dark Plagueis). Les Siths sont au centre du film et déroulent leur volonté (en tout cas Dark Sidious) telle que Yoda et Obi-Wan doivent se retirer devant l’exercice du Destin. L’existence d’un Sith et de son Apprenti tel que l’Equilibre est un élément fondamental du film tant la manipulation, la colère, le meurtre sont au centre de leur manière de fonctionner.

Enfin, « La Revanche des Siths » est un lieu de scènes exceptionnellement rares en intensité notamment lors du passage d’Anakin du Côté Obscur de la Force : l’assassinat de Mace-Windu, le massacre du Temple Jedi, l’ordre 66 et la fuite d’Ob-Wan, le combat entre Yoda et Dark Sidious, et bien sûr en apogée de la tension le combat entre Dark Vador et Obi-Wan sur la lave. Apogée du film, apogée de la Saga, apogée tragique tout court. L’avènement final de Dark Vador tel qu’on le connait avec l’éclatement définitif de sa douleur est finalement une ultime preuve que le troisième épisode est bien l’épisode central, l’éclatement le plus violent du déchainement de la Force.

CUIR MOUSTACHE

 

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