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Scandinavie. Début du IXème siècle. Kattegat, petite communauté scandinave, est dirigée par le Jarl Haradson. Chaque année, lorsque les beaux jours arrivent, les troupes menées par Ragnar Lothbrook, un paysan-guerrier aussi meurtrier qu’intelligent, partent piller les côtes baltes. Mais Ragnar apprend que des terres beaucoup plus fertiles s’étendent à l’Ouest. D’abord réticent à en- gager ses hommes dans un raid périlleux, Haradson accepte de laisser partir son commandant en chef, en espérant que celui-ci ne reviendra pas : il craint qu’une expédition victorieuse renforce la légitimité du jeune guerrier et affaiblisse sa propre autorité sur le village.

Vikings 2

Ragnar et son frère Rollo vont découvrir une contrée qui va dépasser toutes leurs espérances, l’Angleterre, royaume chrétien aussi riche que civilisé. Les barons locaux et les autorités religieuses prennent rapidement conscience qu’une menace bien plus grande que les invasions saxonnes ou celtes est à leurs portes : les Vikings. Ragnar Lothbrook est un personnage important de la mythologie scandinave. Selon les récits, il est même le protagoniste central dans la fondation d’une civilisation que les peuples européens appel- leront plus tard Northmen puis Normands. Un choix judicieux, donc, au moment d’écrire une série qui aurait pour thème les Vikings. Michael Hirst et History Canada, petite sœur de la chaîne américaine de docus historiques, ont donc décidé de joindre l’utile à l’agréable : un récit crédible qui ne renie pas son côté divertissement.

Conquête de l’Europe occidentale et intrigues politiques à Kattegat sont au programme. Le tout saupoudré de quelques scènes de bastons épiques : ils sont vikings donc énervés. Et d’une dose de religion : Jésus vs Odin. Ce dernier point est particulièrement bien senti et donne du corps au récit. Toujours dans le livre de recettes, le casting. Et en un mot, il est ouf ! Hormis, Gabriel Byrne, magique en baron local, que des inconnus au bataillon. Travis Fimmel crève l’écran dans son rôle de Ragnar. Le re- gard alerte, il rend son personnage à la fois mystérieux et attachant : un guerrier pétri de contradictions et de doutes, qui devient néanmoins un formidable leader d’hommes. Katheryn Winnick, George Blagden et Gustaf Skarsgård irriguent le récit de leurs talents et adoptent des postures incroyable- ment ambigues dans le jeu du pouvoir (des pouvoirs?) qui rendent celui-ci fascinant.

Les créateurs de la série ont compris tout le poids des légendes septentrionales dans le construction de leur récit. Pour des raisons de cohérence, à aucun moment, le mystique prend le dessus sur le réel. Mais l’affrontement entre les dieux scandinaves et la foi chrétienne donnent lieu à des scènes très fortes, très troubles. La réalisation, à base de couleurs sombres et d’une lumière glaciale, ren- force ce sentiment de lutte dans un enfer nordique où les protagonistes ne sont que des pions dans un dessein bien plus grand. Enfin que ne seraient les mythes du Nord de l’Europe sans une partition digne de ce nom ? Sur fond de sonorités guerrières, la BO est assurée par le collectif Wardruna, groupe pagan folk, dont l’ob- jectif est de ressusciter les instruments et les chants traditionnels normands.

Vikings se construit comme une œuvre forte et violente, qui prend aux trippes. Autour d’un nombre réduit de protagonistes, d’une image terrifiante mais sublime, et de décors de très grande facture, voilà un récit romantique au sens noble du terme. La conquête de l’Europe ne fait que commencer…

A.

 

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