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Autant le dire d’entrée de jeu : la série m’a plu. Mais commençons par quelques formalités indispensables. Peaky Blinders est une série britannique qui passe depuis Septembre 2013 sur BBC two. Elle relate les aventures d’une famille mafieuse de Birmingham d’origine gitane (touche mystico- exotique garantie) : les Peaky Blinders (ils ont réellement existé) et s’attache plus précisément au cadet : Thomas Shelby (campé par le talentueux Cillian Murphy, qu’on avait pu apercevoir brièvement dans Batman Begins, ce dernier jouant le rôle de l’épouvantail), ténébreux et charismatique. On voit ainsi le dangereux gangster cockney se frayer un chemin à coup d’intrigues, de deals douteux et d’assassinats dans la pègre anglaise du début 20ème siècle. Deux saisons sont déjà sorties et on attend la troisième avec impatience.

Peaky 2

Ce qui plaît tout de suite, c’est l’atmosphère industrielle de ce Birmingham d’après-guerre et surtout la classe très exagérée (on adore) de cette famille de petites frappes que sont les Peaky Blinders. On voit ainsi évoluer toute une gamme de personnages hauts en couleur et, il faut le dire, assez cré- dibles. A commencer par l’aîné de la fratrie (4 garçons et une fille, certes, mais qui en a suffisam- ment dans le pantalon pour que je parle de « fratrie » ; elle plaira aux spectateurs les plus fémi- nistes – série anglaise oblige – : merci Maggie ; mais nous y reviendrons), Arthur Shelby (joué par Paul Anderson, inconnu au bataillon qui offre une performance tout à fait remarquable, surtout dans la saison 2), sorte d’alcoolique hystéro-dépressif à tendance ultra violente, et qui arbore, no- tons-le, une coupe de cheveux assez étonnante. Le cadet, « Tommy », et maître à penser de la bande, qui tire les ficelles, se tape les plus jolies filles du casting (à raison de deux par saisons tout de même) mais romantique, mais gentleman, et qui surtout donne à la série son bad boy mélanco- lique (puisqu’il est poursuivi, via de nombreuses séquences en « flash back » par son passé de sol- dat dans l’armée britannique, lors de la première guerre mondiale – monsieur était tunnelier à la bataille de Verdun, décoré plusieurs fois pour sa bravoure s’il vous plaît). Les deux frères plus jeunes : John (incarné par Joe Cole : si le nom fait mannequin, c’est par ce qu’il l’est), benêt stupide et violent – autant préciser que la grande majorité des personnages le sont (violents) – , mais loyal, mais fougueux, et enfin un dernier héritier (trop insignifiant jusqu’ici pour que je me souvienne de son nom). Le tout rehaussé par des personnages féminins au caractère bien trempé : la tante, Polly, tête pensante avec Tommy, et Ada, dissidente de la famille qui n’arrive pas à faire passer sa révolte contre les agissements criminels de ses frères pour autre chose qu’une crise d’adolescence.

La série commence avec l’arrivée à Birmingham d’un nouveau sergent : Chester Campbell, sorte de vieillard ultra autoritaire qui ne recule devant rien pour remplir sa sacro-sainte mission d’assainissement de la ville (campé par Sam Neill, également présent au casting des très anglais Tudors). Sa venue s’accompagne de la prise de fonction autrement plus mystérieuse d’une nouvelle barmaid au pub local (le Garrisson, qui fait office de Quartier Général pour la famille Shelby) : Grace Burgess (jouée par la très belle Annabelle Wallis, également présente au casting des Tudors). Outre des personnages très charismatiques, la réussite de la série repose sur des cos- tumes et des décors extrêmement bien travaillés. On aimera aussi le fait que cette série joue beau- coup moins sur les effets de pathos un peu ridicules qui sont l’apanage des séries anglaises (même les bonnes, comme Sherlock ou The Hour). Quelques imperfections cependant : la série aimerait justi- fier (comme toutes les séries un peu sérieuses aujourd’hui) l’affirmation suivante : « The end justifies the means » mais n’évite pas une certaine tournure manichéiste – série grand public oblige -, là où on aurait pu attendre une touche plus cynique puisque les héros sont, après tout, des gangsters. Je résume donc : mettez une demie douzaine de gangs mafieux, une police ultra violente (nous sommes en Angleterre, qui, comme l’ont montré les dernières élections, n’est pas une démocratie) dirigée par un puritain sadomasochiste, l’Armée Républicaine Irlandaise (dans un contexte historique de révolu- tion), Winston Churchill, la Reine Elizabeth, quelques belles femmes, de jolis costards, et arrosez le tout d’un peu (beaucoup) de Whisky (Gin pour les femmes) : vous obtenez Peaky Blinders. A voir.

RUE DE LA POMPE

 

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