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2 saisons et puis s’en va… Looking, la série gay de HBO, n’aura pas le droit à une troisième saison pour développer la vie et les amours de ses personnages, Patrick, l’homo hétéronormé, Augustin, toujours là pour de nouvelles expériences sauf quand il en perd le contrôle, et Dom, le daddy sans le sugar puisqu’il est toujours sur la paille.

Looking 1

Beaucoup de reproches ont été faits à cette série : ennuyeuse, des homos riches blancs qui ont des problèmes d’homos riches blancs, le fait qu’elle n’aborde que très peu les questions LGBT (surtout L, B et T), et même, que la série n’aurait aucun intérêt si ses personnages étaient hétéros. Mais c’est justement tous ses reproches qui font la force et l’originalité de Looking.

Elle ne se risque pas à développer des histoires rocambolesques, à coups de plan cul Grindr ou autres rencontres, elle développe au plus profond la psychologie de ses personnages au nombre restreint : leurs attentes, leurs envies, leurs doutes, leurs angoisses, tout ce qu’on attend d’une bonne série en soi.

Concernant les problématiques LGBT, Looking ne les aborde que très peu et pour une bonne rai- son : parce que cela n’aurait aucun intérêt dans le récit. Elle n’est pas la série porte-étendard LGBT qu’était Queer as folk, et tant mieux car ce n’est pas ce que l’on attend d’elle. Looking c’est juste l’histoire de 3 potes gays et de leurs pérégrinations, leurs histoires de cœur et de cul à San Francisco. Une série réaliste qui ne se laisse pas encombrer par des questions, certes, d’autant plus impor- tantes aujourd’hui, mais complètement étrangères à la narration. Elle n’est pas une série engagée, ni courageuse, car son principal sujet est justement le rapport face à l’engagement, qu’il soit amoureux, social ou politique. D’autant plus que ses person- nages parfois trop lisses, mais quelque peu stéréoty- pés, permettent une identification simple et aisée face à des situations que tout le monde peut connaître : la définition d’une relation, la possibilité d’une amitié entre ex, les différences de classe, la jalousie, etc.

On peut avouer que la série manquerait cruellement d’intérêt si elles mettaient en scène des per- sonnages hétéros, qu’elle serait un ersatz fade de Girls, série diffusée juste avant Looking dans la grille de HBO. Mais justement l’originalité de Looking vient du fait de mettre en scène des gays dans des situations on ne peut plus normales, et non pas en tant que faire-valoir/meilleur ami asexué dans une quelconque série, ou la folle débonnaire dans une autre, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui lorsqu’il s’agit de représenter les gays à la télévision. De plus, l’une des grandes réussites de Looking est de montrer la sexualité gay de façon libérée, de ses aspects tue-l’amour jusque dans ses moments les plus passionnels. Queer as folk est certes passé par là et a bien déblayé le terrain pour exposer du sexe gay à la télévision, mais là où Loo- king va plus loin c’est de le montrer sous un angle qui nous fait rentrer dans l’intime de l’acte, tout en évitant le voyeurisme.

Dommage donc de perdre une série, certes pas mémorable, mais qui apportait de la diversité face à Cucumber, la nouvelle série haute en couleurs du triptyque queer télévisuel de Russel Davies ou OITNB dans une moindre mesure.

TYPE FÉE

 

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