//SPOILER INSIDE //

Il aurait été difficile de parler de cette saison 3 tant attendue de House of Cards sans mentionner le fait que Frank Underwood est enfin arrivé à son objectif suprême à la fin de la saison 2 : la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Mais certains l’auront noté, cela fut presque trop simple pour le redoutable homme politique qu’est Underwood toujours accompagné de sa femme Claire avec qui il forme un couple redoutable. La nouvelle saison rompt donc avec la facilité et place Francis J. Un- derwood face à ses responsabilités et l’exercice du pouvoir. Entre luttes intes- tines au sein du parti démocrate, mise en place d’une réforme majeure du marché du travail et négociations ultra -risquées avec la Russie sur le plan extérieur, la saison 3 se révèle pleine de bonnes intentions.

House-of-Cards 2

Malheureusement, cette nouvelle saison n’est pas à la hauteur de ses devancières et en reste au stade des bonnes intentions. Certes, lorsque l’écran noir affiche « an original Netflix series » et que la musique démarre, on continue de trembler d’impatience. Mais au fil des épisodes, c’est bien là le seul moment excitant auquel on a le droit. Les difficultés rencontrées par Underwood semblent presque caricaturales tant on sent le désir scénaristique de rendre la tâche difficile, voire impossible au président. On passe d’un extrême à l’autre entre la saison 2 et 3 et il est dommageable de ne pas avoir trouvé un juste milieu. En effet, plus on s’avance dans les problèmes du président, plus on parvient à deviner les risques qu’ils encourent et qui finissent indubitablement par se produire.

L’insertion des relations internationales en lien avec l’actualité (notamment les relations avec la Rus- sie) apporte des promesses qui tombent finalement à l’au : l’enjeu géopolitique (le déploiement de troupes internationales dans le bassin du Jourdain) tente de faire un écho au conflit israélo- palestinien mais paraît bien faiblard tandis que les négociations bilatérales russo-américaines sont extrêmement simplifiées et quasiment réduites à une bataille de « mecs », de « vrais mecs » : Un- derwood et le président russe Petrov, double fictif de Vladimir Poutine.

Au centre de cette saison se trouve le personnage de Claire qui découvre le rôle de First Lady mais qui ne se satisfait pas de cela. Malheureusement, ses tergiversa- tions existentielles de plus en plus prononcées finissent par exaspérer au plus haut point. L’introduction d’un écrivain, embauché pour écrire un livre sur la réforme d’Underwood est le parfait prétexte pour rajouter une couche sur l’introspection de la puissante re- lation qui lie Franck à sa femme. Mais à force d’écrire le scénario avec un feutre, les manœuvres deviennent grossières. Le couple perd peu à peu le relief acquis au cours de la saison 2 et on en vient à se lasser de ce « moi sans toi, je ne suis rien ». Certains personnages restent sous-exploités (et c’est un euphémisme) comme le conseiller Seth tandis que le pauvre Meechum ne sert plus qu’à ouvrir et fermer les portes (ça on s’y attendait). Au milieu des multiples déceptions se trouve heureusement Doug Stamper, personnage dont on découvre la profondeur au cours de sa convalescence et dont les faiblesses apparaissent au grand jour, cette fois-ci grâce à une bien meilleure écriture.

Mais arrivé au dernier épisode, l’excitation a quasiment disparu quand on se rend compte des faibles enjeux qui doivent le rythmer. La fin de la saison ne souffre d’aucun suspens tant elle est écrite en grosses lettres. Une nouvelle fois, seules les scènes centrées sur Doug et sa quête de ré- demption auprès de Franck nous gardent en haleine. Après cette triste saison, la seule crainte est d’y voir le début de la fin pour cette formidable série. J’espère me tromper.

CUIR MOUSTACHE

 

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