Metropolis est à bien des égards un des chefs d’œuvre majeurs des premiers temps du septième art mais pas seulement. Il est aussi la pierre angulaire de la science fiction en tant que premier film d’anticipation. En effet Fritz Lang, le « savant fou » de l’expressionnisme allemand, est le premier à puiser dans l’arsenal inépuisable des nouvelles technologies pour imaginer un nouveau monde.

Si le sujet du film est révolutionnaire, ce n’est pas sur son intrigue quelque peu simpliste que l’importance capitale de ce chef d’œuvre repose. Il traite en effet d’une cité de l’avenir, d’un monde totalement mécanisé où une nouvelle tour de Babel monumentale domine la scène (gigantisme inspiré des premiers gratte-ciels de New York). Cette ville est divisée entre une partie haute réservée aux dirigeants et une partie basse où résident les travailleurs abrutis par de dures journées de labeur (jusque là rien de nouveau). Jusqu’à ce qu’un jour Freder (Gustav Frohlich) le fils du maître de Metropolis (Alfred Abel) découvre les bas fonds de sa ville et ne soit fasciné par Maria (Brigitte Helm),une jeune travailleuse, et ses discours pacifistes (pas très novateur non plus). Pour contrer ce mouvement de travailleurs insatisfaits auquel le jeune premier s’est joint, un savant fou (Rudolf Klein-Rogge) crée le premier cyborg, un homme-machine ou plutôt une femme-machine à l’image de Maria pour semer le trouble.

L’équilibre inégal en place s’effondre mais l’amour de Freder et Maria réconcilie les hommes, un compromis assure la continuité du partenariat social. « Le cœur doit être le médiateur entre le cerveau et la main » (intertitre). Un peu cliché non ?

Non la véritable grandeur de ce film réside dans les paysages picturaux prophétiques qui annoncent l’ère postmoderne. Véritable rêve d’ingénieur, le film se transforme lui même en une industrie. Ce n’est pas le scénario qui rythme le film, mais la cadence des pistons. La froide poésie ne vient pas du texte mais de ce lieu qui pénètre notre imaginaire visuel. Metropolis crée un temps et un lieu propres qui ne quittent jamais notre esprit et qui ont fasciné des générations (Giorgio Moroder en a même fait un clip en 1984) .

Ce film, véritable travail d’une vie, a néanmoins failli ne jamais nous parvenir. Fritz Lang, réalisateur génial s’il en est, voulait faire de Metropolis sa pièce maitresse. Perfectionniste jusqu’à la folie, il a mis près d’un an à filmer ce chef d’œuvre sur lequel il travaillait depuis des années, « se montrant souvent cruel avec ses collègues » comme le dit le Chicago Sun Times. Au delà des difficultés financières liées à l’immense budget nécessaire et à l’absence de public, la quasi totalité des bobines du film ont disparu. Quel dommage c’eut été de ne jamais rien connaître de ce chef d’œuvre ! Et qu’aurait été la science fiction sans les cyborgs, sans les villes futuristes et sans ce mélange de mystique archaïque et de croyance au progrès ? Dis-toi que même les blockbusters de science fiction tels Terminator ou Elysium que tu affectionnes tant, ô toi inculte en cinéma, n’auraient jamais pu exister ! Alors réjouis toi qu’on ait trouvé environ ¼ du film au Brésil dans les années 1960.

Cinématographiquement vôtre

Celti

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