« To be or not to be »… ou comment mêler le tragique au comique, la légèreté à la gravité, le réel et le théâtre.

L’histoire se déroule en 1939, la Pologne vient d’être envahie par les allemands. On se retrouve plongé dans le quotidien d’une troupe d’acteurs, connue pour ses représentations d’Hamlet. Un jeune résistant amoureux de l’actrice principale de la troupe découvre une opération d’espionnage visant à éliminer l’opposition. Il va alors impliquer toute la troupe dans un jeu dangereux. L’objectif ? Eliminer un espion nazi. Comment ? En se faisant passer pour des officiers allemands, pour le chef des SS, voire même pour Hitler. On se retrouve alors emporté dans un tourbillon de jeux de mots, de quiproquos, de déguisements, de règlements de compte, de suspense et de rire…

« A laugh is nothing to be sneezed at ». Mais peut-on rire de tout ? A sa sortie en 1942, To be or not to be fut très mal accueilli et beaucoup critiqué.

L’humour d’Ernst Lubitsch fut qualifié d’étrange, de loufoque, de mauvais goût, de maladroit, ce qui paraît naturel étant donné la gravité du contexte de l’époque. On l’accusait de tourner en dérision les souffrances du peuple polonais. On peut comprendre que du comique sur un fond nazi ait pu en mettre beaucoup mal à l’aise. Mais on comprend aussi en regardant ce film pourquoi, à présent, Ernst Lubitsch est considéré comme l’un des maîtres du comique hollywoodien. Il parvient dès le début du film à nous faire oublier les horreurs de la guerre. On ne pense plus à la violence, à la tristesse, à la douleur ; on ne la voit pas, on ne la ressent pas.

Ce que cherchait à montrer Ernst Lubitsch dans To be or not to be, ce n’est en effet pas l’horreur et l’atrocité de l’époque, mais plutôt le ridicule de l’idéologie nazie. Le décor aurait pu être n’importe quelle autre guerre, le cœur comique de l’histoire serait toujours là. On retrouve dans ce film le summum de la Lubitsch Touch, cette maîtrise qu’a Lubitsch de compliquer atrocement la vie de ses personnages (à travers des malentendus et quiproquos) alors que tout est limpide pour nous, spectateur.

Ce que l’on retient avant tout de To be or not to be, c’est l’hommage au jeu des acteurs et à la création théâtrale, le comique de situation, les apparences trompeuses, les jeux de mots, les dialogues raffinés. Le scénario est audacieux et original, le rythme et les retournements de situation nous tiennent en haleine, les acteurs sont convaincants, et les personnages sont attachants et amusants.

Et c’est tout cela qui fait que To be or not to be reste l’une des meilleures comédies d’Ernst Lubitsch, une comédie à voir et revoir.

Roulia Roberts

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