Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut « gagner » du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte.

L’idée de départ était intéressante et il faut reconnaître une chose, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Le film est très bien rythmé et sait tenir le spectateur en haleine. Les personnages du ghetto passent effectivement leur temps à courir et communiquent un sentiment d’urgence extrême, tandis que ceux du quartier riche évoluent dans un espace-temps élastique à l’infini. L’adage « Time is money » devient une réalité frappante, concrète. Un café coûte quatre minutes, un ticket de bus deux heures, alors que les gens affichent moins de 24h au compteur inscrit dans leur chair.

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Le propos est pertinent et fait écho à la crise que traverse actuellement le monde occidental, avec en toile de fond une réflexion sur la recherche obsessionnelle de jeunesse qui devient une fin en soi, quitte à basculer dans le non-sens, l’absurdité. Amanda Seyfried, d’ailleurs, finit par leur dire elle-même : « Nous n’étions pas faits pour vivre comme ça. ». Le réalisateur réussit à filmer quelques images stupéfiantes, comme celle qui met en avant la brochette belle-mère, épouse et fille, toutes les trois jeunes et toutes les trois éclatantes d’une beauté glacée.

Reste que la morale de l’histoire est extraordinairement simpliste. Le darwinisme social est réduit à un blockbuster marxiste affligeant de manichéisme.

Amanda Seyfried découvrant avec une candeur pleine de bons sentiments le monde des pauvres donne envie de rire. Le cynisme du père adulant Darwin, mettant même sa date de naissance en guise de code de coffre-fort n’est pas plus crédible. Son sourire grinçant évoque plus un personnage de Walt Disney qu’autre chose. Que dire du gardien du Temps, sorte de Javert futuriste égaré dans un siècle déréglé ? Il tente tant bien que mal de dissimuler toute trace de parti-pris et d’afficher le masque d’un homme de devoir, tout en distillant un peu de mystère pour titiller le spectateur, qui, du coup, reste sur sa faim : quid du père du héros ? De quoi est-il vraiment mort ? Quel déséquilibre mortel adviendrait de la redistribution des richesses ?

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Le thriller haletant se voulait un
film à deux niveaux de lecture : le 
film d’action, et la parabole sur 
les ravages du capitalisme sauvage. La métaphore, finalement,
est grossière, et les personnages
sans nuance. Les acteurs ne sont
pas mauvais, mais ne transcendent pas la médiocrité d’ensemble, lisse, policée. Les personnages, tous jeunes, sont aussi
 tous glamours, ce qui dessert le propos corrosif d’ensemble. L’esthétique est convenue et assez cheap.

Au final, c’est un film à voir purement pour se distraire, sans en attendre grand-chose. Vous n’apprendrez rien sur la nature humaine, mais vous ne passerez pas un moment désagréable.

Si vous souhaitez voir un film profond sur les rapports sociaux en temps de crise, allez-voir Company Men. Pas Time out.

Andromaque

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