Gros plan sur des lèvres sur-maquillées, qui se mettent à chanter :

« Michael Rennie was ill the day the earth stood still

But he told us where we stand

And Flash Gordon was there in silver underwear

Claude Raines was the invisible man

Then something went wrong for Fay Wray and King Kong

They got caught in a celluloid jam

Then at a deadly pace it came from outer space

And this is how the message ran:

(la musique kitsch et pop décolle)

Science Fiction – Double Feature

Dr. X will build a creature

See androids fighting Brad and Janet

Anne Francis stars in Forbidden Planet

Oh-oh at the late night, double feature, picture show…. »

horror

Aaah… The Rocky Horror Picture Show… Probablement la meilleure comédie musicale, véritable hymne aux films de série Z, produits en masse dans les années cinquante à soixante-dix aux Etats-Unis et diffusés par paire (double feature picture show) tard le soir dans les cinémas de quartier. De quoi parlaient ces films à micro budget, faits pour la consommation immédiate, oubliés et jamais rediffusés ? De la bête des marais, des invasions martiennes, de Frankenstein et Dracula, de tueurs psychopathes, de sexe et de bandes d’étudiants débiles (le tout souvent mélangés). Toute une génération de cinéastes américains restera marquée par ces films (dont certains sont de véritables petites perles) tels Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez (Une Nuit en enfer, does it ring a bell ? Peut-être que Planète Terreur, Machete ou Boulevard de la mort, qui sont réalisés dans le plus pur style des double feature picture show vous parleront plus).

Et de quoi parle le Rocky Horror Picture Show ? Brad et Janet, qui viennent tout juste de se marier partent voir leur vieil ami le Docteur Everett V. Scott (médecin allemand en fauteuil roulant, toute ressemblance avec le Docteur Folamour est purement fortuite…). Ils se perdent en forêt, leur voiture tombe en panne, à proximité d’un étrange château. S’y rendant pour demander à utiliser le téléphone pour appeler un réparateur, ils tombent sur une réunion de Transylvaniens (qu’on pourrait facilement prendre pour des vampires…), se préparant à admirer l’oeuvre de l’un d’entre eux, le Docteur Frank N Furter, travesti maniaque, qui veut créer un homme parfait « who will be pink and quite clean », qu’il appellera Rocky. Mais Janet risque de se laisser séduire par le bel éphèbe surmusclé Rocky…

Voilà pour le synopsis. Comme vous l’aurez compris, le film est complètement psychédélique. Il s’agit de plus d’une comédie musicale brillante, avec des musiques cultissimes (connaitre le Time Warp pour briller en société c’est top !), toutes très rock. De fait, et c’est là ce qui fait l’intérêt du film, The Rocky Horror Picture Show est résolument un film rock. Le personnage de Frank N Furter, travesti délirant, provocateur, bisexuel, séduisant tout ce qui passe à sa porter, bête de scène, rêvant de monter un sublime spectacle musical et d’être acclamé par les foules à tout de la star de rock ratée et marginale. Les autres Transylvaniens, avec leurs costumes à col large et multicolore, leurs perruques improbables et leurs attitudes hautaines et volontairement provocatrices incarnent elles aussi l’esprit rock dévergondé.

Janet, d’abord mijaurée, se laisse emporter par cette ambiance libertaire et couche avec Frank puis avec Rocky (qu’elle viole presque tant le pauvre garçon, qui vient de venir à la vie a du mal à comprendre ce qu’elle lui veut). Enfin, le docteur Everett, incarnant la société conservatrice et coincée, finit par se faire comme envoûter par la musique et le show de Frank et sa jambe paralysée, habillée d’un bas et d’une chaussure à talon par Frank, se met à se dresser et à s’agiter comme celle d’une danseuse de french cancan, faisant ainsi une référence délirante et détournée au lever de main incontrôlée de Docteur Folamour, savant nazi, dans le film éponyme de Kubrick. Le film se moque donc de la société puritaine et conservatrice (ridiculisée au début du film par deux fermiers ressemblant étrangement à ceux d‘American Gothic, la fameuse peinture de Grant Wood) et est une ode kitsch et improbable à la liberté des moeurs : « Don’t dream it, be it », comme le déclare la chanson Rose tint my world à la fin du film.

Le film est de plus empreint d’une certaine nostalgie, la fin (que je ne révélerai pas ici pour vous inciter à voir cette petite perle) nous faisant presque verser une larme, le personnage de Frank devenant presque touchant après tant de débauches incontrôlée et sa fuite vers des rêves de gloire. Qui peut rester de marbre après la chanson I’m going home ? Nostalgie aussi des films de série Z justement, de ces films légers, insouciants, de pur divertissements, incarnant toute une époque aux États-Unis, où l’on n’avait pas besoin de superproduction pour s’amuser, ou les effets spéciaux cheap mais fun faisaient encore briller les yeux des enfants, bref, la nostalgie d’un temps ou le cinéma ce n’était pas que du grand spectacle sans âme mais aussi des films cultes et légers. Un cinéma sans prétention autre que celle de faire rêver finalement. Et pour ça pas besoin de centaines de millions de dollars et d’acteurs jouant tout un film sur fond vert. Alors, n’allez pas voir John Carter of Mars, regardez plutôt King Kong de 1933, vous ne serez pas déçus !

Magnéto

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