Donato est maître-nageur et l’océan est son univers. Il sauve la vie de Konrad, un touriste allemand emporté dans un dangereux courant. Donato et Konrad apprennent à se connaître. Leur attirance physique donne rapidement naissance à des sentiments plus profonds et Donato suit Konrad à Berlin. Dans cette ville où il n’y a pas de mer Donato est tour à tour perdu, malheureux et parvient finalement à se réinventer, avec ou sans Konrad. Des années plus tard, le passé rattrape Donato lorsque son frère Ayrton le retrouve. Furieux, il veut savoir pourquoi son frère a abandonné sa famille et l’a laissé toutes ces années sans nouvelles. Mais bientôt Ayrton se jettera tout comme son frère dans le tourbillon de cette ville étrange.

J’ai vu un film surtout sur la quête de soi et l’amour. Toute la poésie du film consiste selon moi à lier ces deux thèmes. Avant Konrad, la vie de Donato c’était l’océan, à Berlin il souffre d’un manque mais finit par se découvrir d’abord avec Konrad puis sans lui. La quête de soi est dans le film impulsée par l’amour. La personnalité de Donato se trouve enrichie par son amour pour Konrad quand bien même il n’est plus avec lui. Il a renoncé à l’océan mais découvre la passion de Konrad, la moto. A la fin du film Donato est bien un personnage composite comme le montre la métaphore de la plage sans eau, et c’est cela qu’il enseigne à son frère en l’amenant sur cette plage : l’amour pousse à des compromis sur soi, il faut accepter le changement. Ainsi dans le film l’amour est abordé comme un don : les sentiments amoureux de Donato l’engagent sur une nouvelle voie, un nouveau chemin. L’amour fraternel entraîne Ayrton à Berlin mais également dans un voyage initiatique. Mais le film distille également une vision plus ambigüe de l’amour. Il cause de la souffrance et bute sur l’égoïsme de l’autre. De plus l’amour entre Konrad et Donato ne s’épanouit pas vraiment. Ils se séparent sans mettre fin à leur histoire, comme s’il n’y avait pas besoin d’être ensemble pour s’aimer.

Praia do Futuro : Photo Clemens Schick

Finalement le film semble nous enjoindre aux expériences nouvelles, à la prise de risque. Donato abandonne sa famille, sa vie au Brésil pour se découvrir et aller au bout de ses émotions. Consentir à l’aventure demande du courage mais c’est une valeur défendue par le film et son esthétique. La séparation de Donato et de son frère n’a rien endommagé, ils finissent par se retrouver et leur lien apparaît encore plus fort. De même l’ellipse au milieu du récit ne nous fait rien perdre du film. Eloignement, séparations et chemins tortueux nous en apprennent beaucoup, c’est ce que semble transmettre l’histoire des personnages. Le film montre également les choses qui auraient pu se faire et ne se font pas comme la vie à deux entre Konrad et Donato, le retour de Donato au Brésil, l’aventure entre Ayrton et Dakota, la fille qu’il rencontre en boîte. Il y a donc une part d’arbitraire, d’expériences avortées. Les personnages sont souvent aveugles à ce qui leur arrivent mais là n’est pas l’important semble dire le réalisateur. Si les personnages ne sont pas maîtres de leur vie, au moins ils refusent la lâcheté du refuge dans le connu, d’une vie confortable. Ce propos est servi par une mise en scène simple, sans esthétisme criard à coup de bande-son trop présente. La beauté du film tient à la mise en valeur des corps, aux silences et aux non-dits. L’émotion affleure dans ces moments du film sans être imposée par le réalisateur. C’est je trouve une œuvre très maîtrisée.

Anonyme

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