Tout d’abord, je tiens à dire que c’est avec une grande joie que j’écris sur ce film, Parada, qu’une partie de l’équipe CQN a vu à la Berlinale. Bien sûr parce qu’on a vu ce film en avant-première, qu’on a eu la chance de se lever à l’arrivée de l’équipe du film pour les féliciter, qu’on a pu voter pour ce film qui a gagné le prix du public et parce que collégialement nous avons élu ce film « meilleur film vu pendant notre séjour à Berlin ».


Pendant la projection on rit, on pleure, on réfléchit, on est admiratifs… Le réalisateur arrive avec génie à transposer un sujet grave en une comédie en remaniant les clichés et stéréotypes avec brio et finesse et à nous captiver pendant toute la projection qui restera pour ma part un des meilleurs souvenirs de cette Berlinale.

Dans Parada, une situation improbable rapproche deux mondes totalement opposés : des anciens homophobes vétérans de guerre venus de Serbie, Croatie, du Kosovo, de Bosnie-Herzégovine rencontrent un groupe d’activistes homosexuels. Cette bande hors du commun se lance dans une mission suicide d’organiser une Gay Pride en plein milieu de Belgrade en essayant d’éviter les assauts et harcèlements de nationalistes et d’organisations néo-nazies.

Le réalisateur nous plonge au cœur d’une société qui encore maintenant, des années après la guerre des Balkans, est encore fragmentée et où ses citoyens ne peuvent pas exprimer haut et fort leur vraie personnalité. Celui-ci réussit ainsi à faire un film engagé, pointant les défauts de son propre pays, avec subtilité et humour, parvenant ainsi à faire passer son message de manière encore plus percutante. Ce film est rempli de scènes vrais petits bijoux de comédie, dont on retiendra notamment le voyage en Mini Cooper rose à travers les Balkans des anciens combattants de guerre entassés à l’arrière de cette voiture pas du tout adaptée à leur gabarit. Ou encore la scène d’ouverture, introduisant le film sur l’assassinat d’un bulldog laissant perplexe notre équipe de cinéphiles qui n’avaient pas vraiment lu le synopsis avant d’aller le voir.

Bien sûr notre expérience était d’autant plus exceptionnelle que la salle était remplie de Serbes surmotivés, applaudissant pendant la séance et criant des slogans… en serbe ! Bref ça c’est la Berlinale ! Et finalement c’est aussi cela le festival : aller voir des films serbes que l’on irait pas voir en France par manque de curiosité, et qui finissent par nous surprendre par leur justesse, leur humour, leur capacité à nous ouvrir les yeux sur un sujet dont on n’était pas réellement conscients. C’est être bouleversé par une comédie au lieu d’un classique drame américain dont les scènes sont préconçues pour nous arracher quelques larmes. C’est essayer de comprendre le serbe, le croate, le bosniaque rien que pour saisir vraiment les dialogues et être plongés dans l’univers du film. C’est se lever à la fin de la séance, seule fois sur les onze films vus pendant tout le séjour pour un film serbe qui n’est pas en compétition mais qui aurait bien mérité l’Ours d’or !

Demandez à n’importe quel CQN ayant vu ce film, il vous répondra la même chose : allez le voir vous ne le regretterez pas !

Lou

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