Voilà un film dont la déception qu’il suscite est inversement proportionnelle aux attentes que l’on pouvait en avoir à force d’en entendre parler avec émoi.

Rapide résumé : vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, de gentils Américains, soucieux de préserver les arts et donc le passé culturel des Européens opprimés par les méchants Allemands, partent en croisades et remontent les côtes bretonnes afin de sauver les vestiges d’autrefois. Pourquoi vaut-il mieux dépenser vos 6,50€ dans un film autre que celui-ci ?

Parce que Monuments Men est le film américain par excellence qui se veut pénétrant et touchant mais dont la profondeur n’a rien à envier à un 12 years a slave. Sans parler des échecs du concepteur du son qui tente (en vain) de faire passer les émotions en nous matraquant de musiques larmoyantes dès qu’un des personnages a les larmes aux yeux pour bien souligner qu’à tel moment il nous faut sortir les mouchoirs. Et puis il y en a assez de ces pseudos scènes tristes où les personnages ont tour à tour les yeux mouillés ou dans le vide. Où sont les sanglots, les soubresauts après les pleurs, les gémissements de désespoir ? Non, George nous montre seulement la part belle de la tristesse, celle qui précède le déchirement et où les traits du visage ne sont pas encore déformés par le trouble intérieur. De même que George parsème ce film de répliques comiques que jamais aucun véritable Monuments Man n’aurait eu l’audace de dire à des moments qui, à bien des égards, sont totalement inappropriés (mais après avoir fait pleurer le spectateur, il faut le faire rire – je ne commenterai pas cette recette cinématographique absurde). L’humour est lourd, gras, grotesque, attendu, et joue sur des clichés qui ruine le sérieux du film quand celui-ci essaye de l’être –nous ne reviendrons pas sur le personnage franco-français interprété par Jean Dujardin arborant fièrement le béret et à qui il manque seulement la baguette sous le bras.

Mais si vous êtes un(e) groupie de George, alors je vous conseille d’y aller pour le plaisir des yeux, car le bonhomme est tout de même vraiment bien conservé du haut de ses 53 ans.

Cela dit, l’histoire de ce film est sacrément belle, et c’est admirable de voir comment et combien des hommes se sont battus pour la survie du Passé (bien que nous le voyons de façon déformée et caricaturale). La vocation de ces chefs d’œuvres est malheureusement et tristement trop souvent réduite à celle d’être exposés dans des musées et à celle de permettre aux Etats les détenant de pouvoir se targuer de leur propriété. Mais elles sont avant tout la manifestation et l’expression d’une évolution intellectuelle, ainsi que d’un progrès participant à la richesse de notre Histoire. « You can wipe out an entire generation, you can burn their homes to the ground, and somehow they will still find their way back. But if you destroy their History, if you destroy their achievements, this is as if they never existed » comme nous dit George dans le film. Mais outre le courage dont ces hommes ont fait preuve, ce qui est louable, c’est également la façon dont ils ont mis leur vie au service du bien commun, fut-il passé ou présent et œuvrant pour le futur. Ces Monuments Men avaient un but dans la vie, et c’est quelque chose qui malheureusement se perd beaucoup trop de nos jours.

P.S. : la toute dernière image, celle du générique de fin, fait froid dans le dos.

C.C.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s