Un très joli premier film pour Benoît Philippon, qui donne envie d’écouter du jazz, de lire des livres et de tomber amoureux…

Sam, libraire le jour et musicien la nuit, perd la femme de sa vie et sa muse, Joséphine. Jusqu’au jour où une jeune femme, Pi, vient s’enfermer dans sa salle de bain. Ensemble ils vont apprendre, Sam à reprendre goût à la vie et Pi à surmonter ses peurs.

Lullaby n’a pas d’époque. On y écoute du jazz sur des tourne-disques, on prend des photos avec des polaroïds, on regarde Certains l’aiment chaud sur une vieille télé avec un magnétoscope et on se passe des coups de fil avec des téléphones à cadran, mais on va écouter des jeunes jouer du beat box en dansant le break dance dans un hangar. Lullaby est une bulle hors du temps où on a envie de se glisser. Mais tout n’y est pas rose : les gens meurent ou tombent malade et surtout sont souvent seuls.

Benoît Philippon nous livre sa collection d’âmes esseulées : Georges, le gérant de cet hôtel qui ne semble pas avoir d’autre client que Sam, le musicien perdu qui vient toujours dans cette même chambre pour attendre un coup de fil qui n’arrivera jamais. Et puis Pi, cette jeune femme un peu spéciale qui a l’air d’avoir peur de tout. Pour son premier film, le réalisateur nous plonge dans une ambiance feutrée, remplie de jazz et de musiciens en quête d’inspiration ou de reconnaissance.

Les personnages sont tourmentés mais attachants. Le film est porté par le duo Rupert Friend, enfermé dans le passé et torturé et Clémence Poésy, fragile et légère, et soutenu par le magnifique Forest Whitaker, drôle et bienveillant. Il y aussi William, jeune black qui veut devenir pianiste de jazz. Ils se rencontrent et se découvrent pour finalement s’aider et s’aimer les uns les autres.

Il faut le reconnaître, le rythme du film est un peu inégal, certaines scènes traînant en longueur ; mais jamais on ne s’ennuie de découvrir les lieux insolites dans lesquels il nous emmène. Ce hangar où les jeunes de tous les quartiers viennent se retrouver pour faire le show, de rap, de r’n’b et de danse, l’appartement de Sam dont la fenêtre est toujours ouverte pour les musiciens de passages qui peuvent venir y écouter les innombrables disques qui s’empilent sur les étagères, cette librairie où l’on peut venir déguster café et pâtisserie en lisant les livres qui s’entassent, ce cinéma de quartier où travaille Pi et qui passe des films d’époque…

Lullaby nous fait voyager à travers le temps, la ville et les sentiments. On aimerait s’arrêter pour boire un verre au café où se produisent tous les soirs des artistes méconnus et même y voir Charlie Winston, partager un pique nique sur les toits et observer l’amour naissant de Pi et Sam ou lire et écrire sur les murs du journal éphémère de cette dernière.

Le scénario de Benoît Philippon est sans surprise, il pose des questions classiques, d’amour, de deuil, de passage à l’âge adulte et de quête de soi mais il y apporte des réponses nouvelles, des images inattendues, des recherches originales. On y plonge avec douceur et quand tout se termine on aimerait prolonger la magie. Un joli conte moderne avec poésie et happy end. Merci !

LittleJ_

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