A moins de ne pas avoir regardé la télé depuis 5 ou 6 ans, vous n’avez probablement pas échappé aux clips publicitaires de la Maaf avec son fameux slogan « c’est la Maaf que j’préfère, c’est la Maaf ! » chanté par des jeunes femmes dont le style vestimentaire fait penser – attention comparaison inepte en approche – à des hôtesses de l’air écossaises des années 50. Si cela ne vous évoquait rien de plus qu’une publicité aussi médiocre que celle du Crédit Lyonnais, on peut probablement en déduire : 1) que vous n’aviez pas la télé en 1988; 2) que vous êtes né après 1988 (ou en tout cas que vous étiez en bas-âge à cette période); 3) que vous n’avez pas le câble depuis 2005; 4) les trois à la fois mais ça fait beaucoup pour une seule personne (à croire que vous y mettez de la mauvaise volonté). Si en revanche vous avez eu le bon goût de ne pas rentrer dans les précédentes catégories susmentionnées plus haut (soyons précis), vous avez reconnu la cultissime série Palace créée par Jean-Michel Ribes et diffusée sur Canal + et Antenne 2 en 1988 et 1989.

Ça c’est palace !

Palace n’est pas une série au sens classique du terme avec une histoire et des épisodes précis. Il s’agit en fait de 6 épisodes de 90 minutes composés de saynètes humoristiques et absurdes dans le cadre d’un palace et de ses habitants. Habitants car le palace est bien ici présenté comme un monde à part avec ses employés, ses habitués semblant vivre à demeure et d’occasionnels invités le temps d’un sketch. Ce système fonctionnait d’ailleurs sur le même système que les guest star des séries américaines, et on peut ainsi apercevoir des acteurs comme Pierre Arditi, Michel Blanc, Alain Chabat, Christian Clavier, André Dussolier, Roger Hanin, Gérard Lanvin ou Jean Yanne pour ne citer qu’eux. La série était par ailleurs servie par une série d’acteurs très bien choisis comme Claude Pieplu (narrateur des Shadock notamment), Jean Carmet ou Valérie Lemercier.

Palace, voyage en première classe

Un épisode alterne deux types de scènes. Tout d’abord il y a des sketchs récurrents souvent devenus cultes comme les interventions du professeur Rollin commentant avec érudition et non-sens un mot quelconque. Mais on trouve également : « ce qu’il ne faut pas dire dans un Palace » ou des dames très élégantes et bien nées (parmi lesquelles Valérie Lemercier) débitent le plus de grossièretés possibles. Et outre le sketch « appelez-moi le directeur », chaque épisode se concluait par le cultissime « Soyez Palace chez vous » ou le directeur et sa compagne en tenues de soirée explique aux pauvres (« bonjour les pauvres! ») comment être distingué à peu de frais (par exemple faire un porte bouteille avec une charentaise ou transformer sa caravane en salle de bal). Le deuxième type de scène sont des sketchs longs sans thème particulier comme par exemple, une tentative d’évasion du Palace pour ne pas payer la note trop élevée, une parodie de « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? » mais dans une cuisine ou bien des membres du beau monde (comtes, comtesses, etc…) cherchant à organiser une partouze pour tromper l’ennui.

Les palaces, on les aime aussi pour ça

Une petite explication s’impose. Palace est au monde des séries ce que Les Bronzés font du ski est au monde du cinéma. Pas quelque chose qui mériterait d’être dans les Cahiers du Cinéma (on est élitiste au Changement de Bobine) mais très certainement une série culte, que l’on peut revoir et revoir sans se lasser. Et pourquoi Les Bronzés font du ski et pas, par exemple, La Grande vadrouille ? Parce que dans le même esprit (le fameux « esprit Canal ») que la fine équipe du Splendide, Palace use fortement de la grossièreté et du sexe, sans pour autant jamais sombrer dans la vulgarité jeanmariebigaresque ou, comme les comédies d’aujourd’hui, ne parler que de sexe tout en suintant le puritanisme par tous les orifices. Sexe, grossièreté et absurde se conjuguent pour créer un univers attachant (entendez par là qu’on a du mal à le décoller en faisant la vaisselle).

A voir ou pas ?

Oui sans hésiter. A moins d’être totalement imperméable à l’absurde ou à l’humour des Bronzés, c’est une série à ne pas manquer et qui peut se regarder aussi bien seul qu’en famille (mais sans grand maman) ou entre amis. Par ailleurs, contrairement à la plupart des séries devant lesquelles on hésite à s’engager car réputées addictives ou sources de procrastination, l’absence d’histoire vous permet de voir la série dans le désordre le plus complet et surtout en pouvant couper n’importe quand car la durée d’un sketch excède rarement 10 minutes. Sur ce : « A bientôt les pauvres ! Au revoir les fauchés ! »

Pro-tips : taper « série palace » sur Google et vous devriez obtenir facilement des sketchs à visionner sur Youtube pour vous faire une idée.

Orsonne Ouellesse

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