L’histoire d’une actrice vieillissante jouant dans le remake de la pièce qui l’a rendue célèbre tant d’années auparavant, mais cette fois dans le rôle inverse à son ancien personnage : celui de la chef d’entreprise autoritaire poussée au suicide par le charme destructeur de sa jeune employée si fraîche et ambitieuse.

Sur le papier tout commence bien. Si bien, que lors du Festival de Cannes, je place ce film tout en haut de ma liste de « films à voir » pendant nos quelques jours présents sur la croisette avec CQN. Quelle mise en abyme fascinante ! Une femme face à la réalité du temps qui passe, et aux changements que cela implique. Tant de possibilités pour faire un film génial…

Lorsque des places deviennent disponibles pour la première séance du film dans le Grand Théâtre Lumière, (via la superbe application du festival et son système de mise de points au shotgun finalement assez proche de celui de l’ESSEC) je n’en crois pas mes yeux. Quelle aubaine ! Le seul problème est que nous sommes installés devant Fehér Isten (White God) dans un autre théâtre et que la séance va commencer. Après quelques minutes d’hésitation, la tentation est trop grande et nous fuyons la salle au moment où elle se plonge dans le noir pour migrer vers le GTL où Sils Maria nous attend. Une fois au calme dans la salle, nous attendons le début du film avec zéro regret.

Nous sommes même plutôt fiers de notre coup. Pendant que les autres membres de l’asso assistent à je ne sais quelle masterclass, nous allons voir un superbe film avant tout le monde ! Tant pis pour le film bizarre sur les chiens. (Fehér Isten a finalement gagné le prix Un Certain Regard et nous avons donc pu le voir le soir même).

Ce qui s’en est suivi sont deux heures et quatre minutes de souffrance et d’ennui…

Les personnages sont d’énormes stéréotypes, les dialogues sont plats, la réflexion est extrêmement lente et quasiment inexistante, et en plus c’est filmé comme un téléfilm. L’intrigue est principalement axée sur la relation entre Maria (jouée par Juliette Binoche) et son assistante Valentine (jouée par Kristen Stewart) qui partent s’isoler dans les montagnes suisses (à Sils Maria…) pour répéter son rôle. Valentine est le cliché de la « djeunz » vu par un vieux ringard : « je suis trop cool et blasée, j’ai les cheveux gras et des lunettes de hipster, je possède un Smartphone que j’utilise sans difficulté ». Maria, elle, est bien évidemment à des années lumières de ce monde si moderne rempli d’émoticônes et de teenage célébrités.

Cet écart générationnel immense est d’autant plus mis en avant lorsque Maria apprend l’existence de Jo-Ann Ellis (jouée par Chloë Grace Moretz – choix litigieux car la fille est supposé être trop bonne…), l’actrice qui va reprendre son ancien rôle dans la pièce, et qui se trouve être la star du moment ainsi que l’actrice préférée de Valentine, « Attends mais tu connais pas Jo-Ann ?! WTF quoi ».

Comme va le découvrir Maria en faisant quelques recherches sur le tout puissant internet, Jo-Ann est la petite pute du moment, harcelée par les paparazzis au même titre que Paris Hilton et compagnie (oui il y a des images de Paris Hilton et Lindsey Lohan pour que les gens comprennent), arrogante durant les conférences de presse et n’hésitant pas à faire scandale en envoyant chier n’importe qui quand elle veut ou en se tapant le mec de quelqu’un d’autre. (Oh mon dieu, comme Kristen Stewart dans la vraie vie, mise en abybybybyme). A noter aussi la qualité exécrable de ces mises en scène « people », allant du faux Youtube et TMZ, à la fausse scène de Science-fiction du blockbuster qui l’a rendue célèbre.

Pendant ce temps-là, Valentine semble trop profondément affectée par sa relation « tumultueuse » avec Maria et décide de jouer dans une pub Peugeot, puis vomi. En dehors des placements de produits, volontaires ou non, donnant un effet ultra cheap au film, et du manque d’émotion dégagé par les acteurs, il n’ y a pas grand chose à retenir. Même les paysages magnifiques sont rendus chiants. Et finalement, Kristen Stewart disparaît dans la montagne, probablement car comme le spectateur, elle en a eu ras le cul.

J’aurais du faire comme elle et comme beaucoup des gens autour de nous dans la salle, me barrer. J’ai cependant enduré le film jusqu’à la fin dans l’espoir que quelque chose d’intéressant apparaisse. En vain… Quel gâchis d’un sujet qui aurait pu être véritablement stimulant. On se retrouve finalement avec un film pire que banal, auquel il faut plutôt préférer le film de John Cassavetes Opening Night pour traiter de ce thème.

Ce film est donc dans l’ensemble une belle perte de temps, destiné à un public de faux-intellectuels péteux qui aiment débattre sur des sujets pseudo-profonds. De la branlette.

Harry

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