Quelque part dans les bureaux de Working Title (éditeur du film, ndlr) :

 » – Et si on faisait un film sur un type qui chercherait son briquet et ça s’appellerait la Taupe ?
– Pas mal, mais plutôt que de chercher son briquet, il pourrait chercher le type qui lui a piqué son briquet ?
– Bien mais pour ajouter du piment, au lieu de lui avoir piqué son briquet, il lui aurait piqué ses lunettes ?
 -Ah oui c’est bon ça ! Banco ! On lance le casting ! »

Et c’est comme ça qu’on obtient une affiche avec Gary Oldman ayant des binocles en cul-de-bouteille et un titre de circonstance : La Taupe. Mais c’est surement un hasard malheureux.

Une bonne surprise…

Ne tournons pas autour du pot, j’ai passé un bon moment. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale pour Gary Oldman, méconnaissable et fabuleux même si les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Mark Strong et John Hurt. L’histoire, convenue (pendant la guerre froide, un ancien du MI6 cherche à découvrir un espion soviétique infiltré tout en haut de la hiérarchie des services d’espionnage), est cependant très bien développée avec un rythme lent qui donne le temps de créer une atmosphère oppressante et paranoïaque. Le film est solide et les personnages crédibles : c’est un divertissement de bonne qualité.

… qui pourrait ne pas plaire à tout le monde.

Ma raison principale pour aller voir La Taupe était une mauvaise raison : je voulais savoir ce que donnait Benedict Cumberbatch dans un autre rôle que celui de Sherlock Holmes dans l’excellente série Sherlock de la BBC. Je n’avais aucune idée de l’histoire et surtout je me méfiais d’un film tiré d’un auteur à succès comme John Le Carré (dont ma familiarité avec son œuvre s’arrête au fait qu’il est toujours en tête de gondole dans les Relay de la gare Montparnasse mais Guillaume Musso aussi donc ça ne veut rien dire). Les attentes étant basses, ce n’est pas surprenant que le film me plaise (contrairement à Sherlock Holmes, Jeux d’ombres qui est une grosse déception). Je n’ai aucune idée par exemple de la fidélité à l’œuvre originale, et les fans de Le Carré seront peut-être déçus.

Il semble que le principal écueil du film (en tout cas d’après le spectateur qui est tombé dans l’escalier en cherchant à quitter la projection) soit son atmosphère très feutrée (même la scène de torture transpire le flegme britannique) et le manque total de scène d’action. Ça parle d’espion mais on est très loin de James Bourne, Jason Hunt et autres Ethan Bond. (ndlr : une erreur cocasse s’est glissée dans cet article, saurez-vous retrouver les noms corrects ?)

Par ailleurs, c’est le genre de film où il faut être attentif sous peine de ne rien comprendre à l’intrigue (en tout cas vu le nombre de lecteurs d’Allociné ayant des commentaires comme : « g r1 kpté L0L »).

Par Orsonne Ouellesse

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