C’est l’histoire de deux sœurs à la relation fusionnelle, Sylvie et Sophie, (les “filles de”, Charlotte Gainsbourg et Chiara Mastroianni), dont la vie est aussi paisible et insipide que ce que promet la gestion d’un magasin d’antiquités dans une petite ville de province – dont nous ne connaîtrons jamais le nom. Le destin provincial de chacune des sœurs est bouleversé par la rencontre de l’une puis de l’autre, avec un seul et même inspecteur des impôts parisien, Marc (Benoit Poelvoorde). Sans le savoir, elles tomberont toutes deux amoureuses du même homme à quelques mois d’intervalle. D’abord Sylvie, une nuit d’automne, au détour du bar où Marc, qui vient de se faire plaquer, se rafraîchit, après avoir loupé son train.

Ce coup de foudre, coupé en plein élan par le lapin posé par Marc quelques jours plus tard, pousse Sylvie, émotionnellement instable, à s’exiler aux Etats-Unis. C’est alors Sophie qui console son chagrin, provoqué par le départ de sa sœur, dans les bras du même contrôleur fiscal, de retour quelques temps plus tard dans la petite ville. Tandis que dans un premier temps aucun d’entre eux ne semble comprendre le vaste quiproquo qui les entoure, le triangle amoureux s’installe lourdement, sous le regard d’une mère incrédule (Catherine Deneuve).

Tout aussi lourdement que la mise en scène du premier contact entre Sylvie et Marc, les 3 accords de violoncelle qui composent à eux seuls la bande son du film nous annoncent dès l’ouverture, et tout au long du film, une fin inévitablement tragique. Les mouvements de caméra et plans rapprochés suggestifs soulignent avec la même lourdeur le dévoilement progressif et catastrophique du secret, aux dépens de quelques cadrages pourtant bien réussis. Mais surtout, on filme ici une Charlotte aux airs sauvages et torturés déjà vus maintes fois et un Benoit aux mimiques bien trop connues pour que l’on puisse croire une seconde au couple Gainsbourg/Poelvoorde. Le second couple, Poelvoorde/Mastroianni, n’est pas beaucoup plus convaincant, d’ailleurs.

On reste pourtant attentifs jusqu’à la fin, pour savoir par quel coup du sort le vice croissant de cette incestueuse relation triangulaire fera enfin place à la dramatique issue tant attendue.

La Vicieuse

Un des pires films de l’année, voire de toute une existence, et pour cause :

Une rencontre fortuite et totalement artificielle entre un homme perdu dans une ville après avoir raté son train avec une femme perdue dans cette même ville où ses attaches sont illusoires ; les dialogues, bien que (tristement) travaillés, ne parviennent pas à créer cette étincelle entre les deux individus, et nous donnent l’impression de voir un court-métrage d’amateur de cinéma de 14 ans, la qualité de l’image en plus .

Deux thèmes musicaux, l’un pour signaler qu’un événement heureux va se passer et l’autre pour préparer un moment grave, lourd, pesant, catastrophique, pas cool, qui n’arrive décidément pas à reproduire un suspens hitchockien. Une utilisation beaucoup trop répétitive, tant et si bien qu’on en vient à en rire à partir de la première heure du film, croyant que ce film pseudo-dramatique ouvre la voie sur une fin comique afin de sauver tout ce qui a précédé.

Des larmes, des larmes, des larmes… Bon sang, n’y a-t-il que les gros plans sur les larmes et les soubresauts au cinéma aujourd’hui pour signaler que les personnages sont tristes ? Benoit, combien de plans a-t-il fallu que tu tournes pour réussir à avoir cette grosse goutte dégoulinant sur la joue de Chiara ? Quelle piètre fierté de cinéaste de tirer sa réussite dans la création démultipliée d’émotions forcées (« regardez ! Mes comédiennes, elles peuvent jouer jusqu’aux larmes ! Tralala » pourrait-on presque l’entendre glousser). Où diable est donc passée la subtilité et la confusion des sentiments que le cinéma nous permet de retranscrire par une image soignée et précise ?

Et beaucoup d’autres raisons, mais celles-ci sont suffisantes pour vous épargner de perdre 1h46 de votre précieux temps.

C.C.

 

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