Pride est une comédie typiquement anglaise mêlant habilement événements historiques et sociaux, humour, Bande-son originale enthousiasmante et acteurs so British, à l’instar de Good Morning England et autres « feelgood movies » intelligents.

Pride débute au Royaume Uni de l’année 1984 lorsque le Syndicat National des Mineurs déclenche une grève pour lutter contre la ré-pression Thatcher. Immédiatement réprimés par le régime de la Dame de Fer, les mineurs d’un petit village du Pays de Galle bénéficient d’un soutien pour le moins inattendu de la part d’un petit groupe de jeunes urbains fougueux homosexuels qui commencent à récolter des fonds sous le nom de « Lesbians and Gays Support the Miners » pour venir en aide au village. Contrairement à certaines autres comédies anglaises, le traitement réaliste quoiqu’assez idéaliste rend complètement compte de la dimension historique et véridique de ces événement méconnus : du caractère insolite de cette alliance (résolue un peu trop facilement d’ailleurs) au sentiment de solidarité qui est défendu comme universel avec beaucoup d’optimisme et d’entrain. LGSM défendent finalement assez bien leur idée de cause commune avec les mineurs et l’angle sous lequel est abordé le monde homosexuel du Londres des années est enthousiasmant et mesuré. Ni bien-pensant, ni idéalisant, il est simple et juste (Pride a d’ailleurs obtenu la Queer Palm au festival de Cannes) bien qu’un peu superficiel. En accord avec le traitement réaliste de l’histoire, le scénario échappe à quelques convenances mais le déroulement de l’histoire reste assez prévisible (et linéaire).

Du point de vue de l’humour, Pride frappe fort. Le comique est nettement moins lourd que dans Good Morning England par exemple. Le fait de ne pas avoir compris toutes les blagues en le voyant en V.O. sans sous-titres est un indice plutôt positif sur le genre d’humour du film qui repose davantage sur des dialogues un peu incisifs et spirituels que sur un comique de geste et de situation exubérant. Ainsi, les vieilles de la Communauté de mineurs sont le parfait reflet du film, tant dans ses bons aspects que dans ses travers : certaines situations sont vraiment too much alors que la plupart sont terriblement drôles, parfois surprenantes, souvent touchantes, enthousiasmantes et motivantes. Idem, la bande-son originale est, elle aussi, une réussite. On regrette simplement les musiques larmoyantes et les violons qui dégoulinent à chaque passage parfois trop grossièrement émouvant.

Mais comment les personnages pourraient-ils être aussi hauts en couleur s’ils n’étaient pas servis par des acteurs à leur hauteur ? On adore retrouver nos acteurs britanniques fétiches tels que Bill Nighy (Good Morning England, Love Actually, The Constant Gardener… Faut-il encore le présenter ?) ou Imelda Stauton (Harry Potter, Another Year, Hotel Woodstock) ou encore Andrew Scott (qui joue notamment dans le Jimmy’s Hall de Ken Loach dont les points communs avec Pride sont nombreux et mériteraient d’être débattus) et de découvrir d’autres acteurs tels que George Mackay, très très bon dans son rôle de jeune couvé mais enthousiaste quoique très introverti qui s’émancipe du joug de ses parents et apprend à s’assumer au fil du film. L’authenticité des acteurs fait mouche ainsi que la pointe de jeu surfait qui sied parfaitement au ton décalé de l’humour à l’anglaise et ravit le spectateur.

Pride c’est avant tout un film qui donne envie de se bouger, d’agir (le leader des LGSM est d’ailleurs une bonne boule d’énergie et d’ambition), mais il nous fait prendre conscience de cela de façon douce, sans nous brusquer ou nous faire culpabiliser.

Tsétsé

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