Il paraît que c’est le nouveau Twilight, qui était le nouveau Harry Potter, qui était le nouveau Seigneur des anneaux qui était le nouveau Star Wars. Bref, une façon de dire que c’est le nouveau phénomène (américain), tiré d’une saga littéraire à gros succès, qui déchaîne les foules et les passions.

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable régime de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les Tributs – concourir aux Hunger Games, événement télévisé national au cours duquel les 24 tributs doivent s’affronter jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Katniss Everdeen a 16 ans se porte volontaire pour prendre la place de sa petite sœur dans l’arène. Face à des adversaires redoutables, elle va devoir se battre pour survivre et sauver non seulement sa peau mais aussi son intégrité.

The Hunger Games est beaucoup comparé à Battle Royale, film japonais sorti en 2001, dans lequel le gouvernement sélectionne chaque année une classe de lycéens pour les faire s’entretuer pendant 3 jours et qu’il n’en reste qu’un seul sans quoi tous les survivants sont exécutés. C’est vrai que, sur le principe, ça ressemble pas mal : le combat à mort, le rôle du gouvernement, l’inégalité des règles entre les participants, etc… Mais la ressemblance s’arrête là (enfin j’imagine, je l’avoue, je n’ai pas vu Battle Royale…). A Panem, les Hunger Games sont l’évènement festif de l’année, retransmis partout dans tout le pays, c’est leur Coupe du Monde à eux. Ou du moins, c’est comme ça que le Capitole les présente. Créés pour marquer chaque année le souvenir de la rébellion qui a conduit à la disparition du district 13 dans une horrible guerre civile, ils sont surtout la sanction infligée chaque année à un peuple réduit en esclavage et l’ultime stratégie d’intimidation d’un gouvernement qui a le droit de vie et de mort sur sa population. Hunger Games est le premier acte d’une trilogie qui ne va pas manquer de s’intéresser à ce régime, au-delà des simples jeux.

Et d’ailleurs, ces jeux, ça donne quoi ? L’auteure des livres, Suzanne Collins, a participé à l’écriture du scénario et ça se sent, l’adaptation est particulièrement réussie. Malgré quelques raccourcis sur la fin pour éviter que ça ne traîne en longueur et une action un peu édulcorée pour camoufler la violence de certaines scènes – ça reste un film américain – le cheminement de l’histoire est parfaitement conservée et nous permet de suivre l’évolution des différents personnages. On apprécie par exemple que l’aspect « romantique » du film ne soit pas mis en avant et reste bien secondaire derrière l’action des jeux, comme c’est le cas dans le livre. Gary Ross ajoute quelques scènes originales pour sortir de l’unique point de vue de Katniss et nous faire prendre conscience de l’importance politique de ces jeux et de leurs conséquences. La description des districts et de leurs conditions de vie est flippante, prend aux tripes et nous fait tout de suite penser aux camps de concentrations (allez hop Point de Godwin !) face à la vie du Capitole, paillettes et couleurs qui détonnent. Le choix de l’image, filmée principalement caméra à l’épaule et en plan serré nous permet de nous identifier au personnage de Katniss et de suivre au plus près son évolution dans l’arène. On saluera également le choix de la bande originale. Quasiment absente par moment, elle renforce encore la sensation de solution et de détresse dans les districts et dans l’arène ou au contraire marque l’opulence et l’enthousiasme immodérés des foules du Capitole. Tout n’est pas livré au spectateur qui doit donc lire entre les lignes pour saisir les différents niveaux de violence et de cruauté du film, qui vont bien au-delà du simple combat dans l’arène.

Jennifer Lawrence porte le film de bout en bout et on n’aurait pas pu rêver meilleure Katniss Everdeen. Avec très peu de dialogues, elle interprète parfaitement le rôle de cette jeune fille pour qui tout est un combat et qui lutte sans cesse pour protéger les siens et ce qu’elle croit être juste. La scène de la « Moisson » pendant laquelle elle se porte volontaire pour sauver sa sœur arrache des frissons et même des larmes. La sobriété et la force des émotions qu’elle retranscrit illustrent sans aucun doute possible l’intensité des épreuves que Katniss traverse. Le jeu de Jennifer Lawrence remplace à lui seul la voix off qui aurait pu être nécessaire à la retranscription du personnage de Katniss. Elle dévoile également avec justesse les différentes facettes du personnage de Katniss, entre la jeune fille libre de la forêt, la grande sœur qui doit protéger sa famille, la combattante de l’arène et la rebelle qui sommeille, toujours tiraillée entre le besoin viscéral de protéger les siens et l’envie de se battre pour ce en quoi elle croit.

Les autres personnages, même si secondaires sont tous aussi intéressants. Josh Hutcherson est littéralement le Peeta que l’on s’imagine, fou amoureux mais pas idiot. Le personnage du styliste et la relation qu’il développe Katniss, est révélée par la sobriété du jeu de Lenny Kravitz. Woody Harrelson, dans le rôle du mentor alcoolique et Elizabeth Banks dans le rôle de l’escorte hystérique apporte une touche d’humour, parfois involontaire pour cette dernière.

La fin peut décevoir les plus puristes car un peu écourtée mais appelle naturellement la suite. Le prochain tome de la saga, Catching Fire est d’ailleurs annoncé pour novembre 2013, le réalisateur et Jennifer Lawrence ayant déjà confirmé leur participation.

Bref, on terminera sur cette réplique du film « They just want a good show, that’s all they want! » et le show est parfaitement assuré.

Par LittleJ_

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