C’est tout beau, c’est tout neuf et ça sent encore le plâtre frais : pour le plus grand bonheur des amateurs du septième art, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé vient tout juste d’ouvrir ses portes au 73, avenue des Gobelins, au cœur du treizième arrondissement de Paris.

Pour changer un peu des articles habituels (eh oui, chez Cine Qua Non on est toujours ouverts à l’Innovation et à la Nouveauté), un bref intermède historique : la Fondation existe depuis 2006 et vise à conserver et valoriser le patrimoine monumental du monstre de cinéma qu’est la société Pathé, en existence depuis bientôt 120 ans. Archives, négatifs, photographies, affiches peintes à la main, la Fondation abrite tout un tas de trésors et a (enfin !) décidé de les faire découvrir au public.

Trêve de chronologie, place au présent : qu’y trouve-t-on exactement, dans cette fondation ? Tout d’abord une expo permanente qui comprend aussi bien une collection d’affiches vintages, peintes à la main et hautes en couleur ainsi qu’une galerie entièrement dédiée aux appareils cinématographiques (dont les « Pathé Babies », petites caméras de loisir qui valent le détour, ou au contraire d’énormes projecteurs). On trouvera à cet étage tout un tas de vidéos explicatifs, extraits de films à l’appui ; on déplore seulement le capharnaüm ambiant mais soyons indulgents, ils viennent tout juste d’ouvrir. En bref, vivement conseillé aux amateurs de technique et/ou de beaux objets.

L’autre grande attraction de la Fondation est sa salle de cinéma : la salle Charles Pathé accueille des programmations sensationnelles qui remettent au goût de jour les plus beaux films muets du patrimoine Pathé, accompagnés par un pianiste dans la salle : une expérience à ne pas rater ! Découvrir ces petits bijoux projetés en 35 mm, ça n’a pas de prix. Lors de ma visite, l’honneur était aux films fantastiques de 1903 à 1907 : entre 1 minute et un quart d’heure, j’y ai vu une poule aux oeufs d’or, un papillon qui changeait de couleur, une partie de carte avec le Roi de Pique ou encore un homme explorer l’espace à l’intérieur d’une bulle de savon ! C’est merveilleux et follement drôle, on regrette que la séance dure à peine une heure.

L’entrée est à 6€ pour une visite qui comprend l’exposition temporaire et une projection, je recommande vivement d’aller visiter le site pour voir les horaires des séances et éviter les mauvaises surprises.

Le bâtiment abrite également les archives ainsi qu’un espace de recherche ; mais même les plus sceptiques pourront venir visiter la Fondation rien que pour le bâtiment lui-même : derrière la façade sculptée par Auguste Rodin, le curieux pourra découvrir ce que le Monde a élégamment qualifié d’ « énorme tatou doté d’une carapace d’écailles métalliques ». Et il faut bien avouer que la description sied à merveille à la coque de cinq étages édifiée par l’architecte Renzo Piano (oui, comme l’instru-ment). Pour plus de détails, des maquettes sont présentées à l’intérieur de la structure. On y trouve également un bout de jardin où l’on se plairait à imaginer une errasse de café pour les beaux jours !

Enfin, pour clore en beauté sur ce déferlement de bonnes nouvelles, le cinéma en face de la Fondation (anciennement un cinéma Gaumont) est en travaux, et l’objectif est le suivant : Les Fauvettes, un « cinéma dédié aux chefs-d’oeuvre du 7ème art », ouverture printemps 2015. L’affiche provisoire montre Jean-Louis Barrault et Arletty dans Les Enfants du Paradis, rien que ça… Que demande le peuple ?

Cannibal Rabbit

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