The Flowers of War – Zhang Yimou (prochainement)

The Flowers of War était le film de la Berlinale que j’attendais avec le plus d’impatience : un film épique chinois avec Christian Bale, sur la prise de Nankin (l’invasion de la Chine par le Japon en 1937 – conflit rarement abordé au cinéma), voilà qui avait de qui avait de quoi attiser la curiosité !

Sauf que le film est tellement mauvais et manichéen qu’il ne sert à rien de vous déplacer pour aller le voir et enrichir son chiffre au box office : pendant presque trois heures, Christian Bale est enfermé dans un couvent avec des prostituées et des jeunes écolières chinoises, essayant de les protéger des méchants soldats japonais. Oui, dit comme ça, ça a l’air drôle, sauf que ça ne l’est pas.

Tout d’abord, parce que dans cette histoire, chaque individu n’est pas un personnage incarné, avec une histoire, des sentiments, des traits de caractère, mais simplement une fonction, un petit pion narratif, au service d’un récit planifié : les soldats japonais sont, bien sûr, tous des violeurs, les écolières chinoises des peureuses qui passent le film à pleurer, et les prostituées, des femmes superficielles et aguicheuses, (qui se baladent en robe de soirée et restent parfaitement maquillées en pleine guerre, le film n’est pas à une invraisemblance près), mais qui, au final, ont bon cœur bien sûr.

Les péripéties sont par moment grotesques : quand une des prostituées chinoises décide de s’échapper du couvent et de traverser la ville, en pleine guerre et truffée de soldats japonais (donc violeurs, vous l’aurez compris), pour aller chercher une corde à guitare (oui, oui), le spectateur est en droit de se de- mander si le réalisateur n’est pas en train de se foutre de nous.

Quand on s’attaque à des faits véridiques, et qui plus est à un pan de l’Histoire aussi tragique que celui-ci, à moins d’être Quentin Tarantino et de vouloir réécrire l’Histoire justement, il faut respecter une certaine réalité historique : des faits, des lieux, des évènements, qui se sont produits, bref, il faut qu’il y ait un minimum de vraisemblance. Sauf qu’ici, le réalisateur, réfugié derrière son panneau « tiré d’une histoire vraie », ne se prive pas de modifier le récit, d’accumuler les invraisemblances et d’esthétiser à souhait la violence.

Tout ici est surligné, rabâché trois fois, les atrocités des évènements sont montrées dans leurs moindres défauts, et le film cultive au final une sorte de fascination assez malsaine pour la violence : oui, les femmes violées par des soldats japonais, c’est horrible et c’est obscène, personne n’en doute une seconde, mais alors quel besoin de nous le montrer, avec un gros plan sur les visages crispés de douleur des écolières, et une musique lourde et tire-larmes en fond ? Parce que Zhang Yimou n’a pas d’autre finalité, quand il filme, que de nous faire pleurer : ces images, ces évènements sont instrumentalisés de manière complètement gratuite, pour au final livrer un récit superficiel, désincarné, et moralement douteux, d’une histoire vraie pourtant émouvante.

Au milieu de ce naufrage cinématographique, Christian Bale fait de son mieux pour jouer le rôle de l’homme en quête de rédemption et héros malgré lui ; l’effort est louable, mais insuffisant pour redresser la performance de l’ensemble.

Oriwan Kenobi

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