Kaguya Hime no monogatari est la nouvelle pépite des studios Ghibli réalisée par Isao Takahata (mais si Isao Takahata, le cofondateur des studios, celui qui a fait Le Tombeau des Lucioles). C’est une « nouvelle » pépite pas seulement du fait qu’elle est sortie récemment mais aussi par sa fraîcheur et l’originalité de son style. En effet, l’esthétique est la bonne raison d’aller voir ce film. Les dessins y sont extraordinaires et novateurs pour un film d’animation : entièrement dessiné à la main (et oui il n’y a plus que nos amis de chez Ghibli pour faire ça), le film allie l’élégance et la sérénité des aquarelles japonaises à l’énergie de dessins qui semblent être des croquis exécutés au fusain, notamment dans la scène où la princesse s’enfuit dans une course survoltée et où les traits volent dans tous les sens à l’instar de ses vêtements d’apparat qu’elle retire au fur et à mesure. Je vous invite à regarder la bande-annonce ci-dessous pour en saisir la teneur.

Ce parti pris esthétique sied parfaitement à la dimension historique et traditionnelle de ce conte. Ce dernier raconte l’histoire d’un couple isolé au milieu de la forêt et dont le mari est coupeur de bambou. Un jour, il coupe un bambou luminescent et y trouve une toute toute petite fille qui se révèle être destinée à devenir princesse. Par la suite, le couple s’enrichit considérablement grâce à de l’or trouvé dans les troncs de bambou par miracle. Un miracle destiné à offrir à leur fille la vie qu’elle mérite. Ruraux mais parvenus, le couple et la jeune fille (qui pousse à vue d’œil, comme le bambou) tentent maladroitement d’intégrer les codes de la noblesse. D’abord enchantée par cette nouvelle vie, la jeune fille se rend vite compte que ce n’est pas l’existence à laquelle elle aspire et se lasse de l’indélicatesse de son père et de la venue de nombreux prétendants tous plus nobles, trompeurs et prétentieux. Malheureusement, l’histoire a beau être tirée d’un des textes fondateurs du Japon, « Le conte du coupeur de bambou » qui n’est autre que le premier texte japonais écrit en prose (!), la morale et la spiritualité qu’elle devrait transmettre sont très difficiles à percevoir, à tel point qu’on se demande s’il ne faut pas tout simplement voir ce film comme une songe, un rêve de petite fille qui devient princesse.

Le traitement du film est assez naïf, voire niais, et l’humour, souvent basé sur un comique de geste volontiers burlesque, ravit difficilement. Le film semble avant tout se vouloir « kawaiiiii » (il est si mignon de voir ce petit bébé potelé faire ses premiers pas et tomber maladroitement) et perd ainsi en profondeur et enchantement vis-à-vis des autres œuvres des studios Ghibli qui sont explicitement destinées aux enfants mais dont les parents raffolent tels que Mon Voisin Totoro et Kiki la Petite Sorcière.

Néanmoins, à l’instar de tous les autres Ghibli, la musique est aussi extraordinaire que l’esthétique. Orchestré par le maître incontesté Joe Hisaishi, on alterne entre musique de films « classique » à la Miyazaki, chants et comptines traditionnels (chantés par les personnages eux-mêmes) et musique extraterrestre (c’est le cas de le dire) d’inspiration indienne et autre. A ce titre, la dernière scène est tout de même très forte et nuance l’impression de niaiserie que peut parfois dégager le film. Kaguya Hime no monogatari est un film à voir pour tous ceux qui sont fans des Studios Ghibli, pour ceux qui aiment l’animation et ont envie de découvrir cette esthétique novatrice et pour ceux qui cherche un peu de candeur dans ce monde de brutes.

TséTsé, fait la mouche

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