Kreuzweg suit le chemin de croix/la vie d’une jeune fille de 14 ans. Maria est l’ainée d’une famille de 4 enfants éduqués selon les principes intégristes de la fraternité de Pie X. A quelques jours de sa profession de foi, elle n’a qu’un vœu : prouver son amour et sa complète dévotion à Jésus pour qu’il guérisse son frère cadet, muet et vraisemblablement atteint d’autisme. Rongée par la culpabilité causée par une mère effrayante, et sûre qu’il n’y a qu’un « seul vrai chemin vers Dieu », et par son confesseur, un jeune prêtre arguant que refuser d’aller sur Facebook c’est être un « soldat de Dieu », puis molestée par ses camarades pour sa foi crié haut et fort, Maria va se radicaliser. Dès lors, tout devient prétexte pour expier ses péchés : exposition volontaire au froid et aux maladies, anorexie… Le tout découpé en 14 tableaux, reprenant et détournant les 14 stations du chemin de croix de « Jésus est condamné à mort » à « Jésus est mis dans le sépulcre ».

Avec Kreuzweg, Dietrich Brüggemann signe son troisième long-métrage et récolte l’ours d’argent du meilleur scénario en reprenant un thème pourtant X fois revisité: la critique grinçante de l’extrémisme catholique. On pourrait donc s’attendre à un drame social à la fois cruel et formidable, voire fin et percutant. Et finalement, on se retrouve embarqué dans le pire traquenard, et on reste béat devant le choix bizarroïde du jury !

Avant de pousser mon coup de gueule, j’aimerais revenir sur une très jolie surprise : la jeune actrice Lea Van Acken -parfaite inconnue jusqu’à aujourd’hui – qui interprète Maria, le personnage principal et réalise une performance époustouflante. Et il faut l’avouer, son talent exceptionnel – unique point notable du film – justifie à lui seul la sélection de Kreuzweg pour la Berlinale. Dommage qu’il n’existe pas d’ours du meilleur espoir féminin, elle le mériterait au centuple, certains diraient même qu’elle est surbuen.

Bref, Kreuzweg débute sur le discours anti-moderniste d’un prêtre à des enfants préparant leur confirmation, et si certains sont restés pantois devant la prétendue ambition/puissance du film qu’annonce ce premier plan, personnellement il m’a écrasé par sa bêtise. En effet, la première séquence annonce le projet ô combien révolutionnaire de Brüggeman : montrer que la religion tue et que le lavage de cerveau de l’extrémisme c’est mal ! Un peu plus tard, comble du cliché qui pour le coup aurait mérité l’ours d’or de la mort la plus stupide que le cinéma n’ait jamais porté : le prêtre achève un des personnages en lui administrant l’onction – ledit personnage s’étouffe avec l’hostie. Le message est on ne peut plus clair : l’extrémisme tue, pour la finesse ne cherchez pas, il n’y en a pas. À côté de ça la mort de Marion Cotillard dans Batman, c’est le chef d’œuvre du septième art.

Le tout est évidemment ligoté dans une esthétique pseudo-révolutionnaire aussi fine qu’un kebab fromage, tomate, salade, oignons supplément patate-reblochon-Nutella-haricots-saucisse au curry : 14 plans totalement fixes et lourdauds, à 2 travellings et un plan de grue cliché à en mourir près. En somme, du cinéma allemand dans toute sa délicatesse. J’avais l’impression d’être enfermé dans un aquarium où les poissons-acteurs réalisaient un ballet morbide aux trajectoires totalement téléphonées.

Conclusion, Kreuzweg c’est 107 minutes de torture, un pire traquenard, à éviter à moins d’avoir l’humour noir d’un bouffeur de wurst décérébré. On notera quand même le petit nom de Lea van Acken, qu’on espère revoir au plus vite.

Geux ou F.G

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