Il est 13 h, et déjà vous n’en pouvez plus. Vous subissez cette journée en Grand Amphi (que vous n’appellerez bientôt plus que GA) comme deux ans de prépa en dose concentrée. Certains petits malins roupillent tranquillement dans les sièges du fond, sous le manteau d’une pénombre rassurante, mais vous, naïf, vous êtes installé beaucoup trop près de la scène. Dès que vous succombez à la tentation de fermer les yeux quelques secondes, vous sentez le regard accusateur de Jean-Michel Blanquer posé sur votre corps avachi, et vous vous redressez, une goutte de sueur froide perlant sur votre front. Votre bizutage, le voilà.

Rassurez-vous, nous aussi nous l’avons vécu. Et THANK GOD, la vie à l’ESSEC n’est pas à l’image de cette première journée. Vous en aurez un aperçu ce soir, au barbecue d’inté, où vous aurez l’occasion de vous frotter à nous (figurativement ou littéralement, on vous laisse choisir). En attendant, pour vous distraire quelques minutes, voici un petit résumé des sorties cinéma de ce mercredi 3 septembre.

« Délivre-nous du Mal » de Scott Derickson. Un film d’exorcisme « inspiré d’une histoire vraie », comme tous les films d’exorcisme depuis que le Monde est Monde. On nous promet « du grand frisson, dans la lignée de L’Exorciste et Conjuring ». Mais on vous avoue que le diptyque flic torturé/prêtre sexy (interprétés respectivement par Eric Bana et Edgar Ramirez) luttant contre les forces de Belzébuth nous laisse suspicieux. En clair, ça pue la bouse. Mais bon, on peut toujours être surpris.

« Maintenant ou jamais » de Serge Frydman. Une mère de famille (Leïla Bekhti) engage le petit voyou qui vient de lui voler son sac (Nicolas Duvauchelle) (qui joue le voyou hein, pas le sac) pour braquer une banque, afin de donner quelques grains pour subsister à sa smala. Les critiques saluent la performance des acteurs, mais restent mitigées quant au film en lui-même. Selon Première, « le polar sociologique s’ouvre sur l’ébauche d’un doute : et si les rêves matériels dictés par la doxa capitaliste n’étaient qu’un écran de fumée ? » : vaste programme.

« Hippocrate » de Thomas Lilti. La découverte comique du monde hospitalier par Benjamin (Vincent Lacoste, découvert dans Les Beaux Gosses, le petit jeune qui monte), interne en médecine. Des critiques très positives, dans l’ensemble. Le Monde parle d’un film « épatant » ; QU’ON SE METTE D’ACCORD UNE BONNE FOIS POUR TOUTE : le mot « épatant », ainsi que son comparse, le dégoûtant « formidable » sont à BANNIR de la langue française. On lâche rien. Sinon, oui, on a très envie de le voir.

« Métamorphoses » de Christophe Honoré. Ah ! Enfin un vrai film pour Ciné Qua Non ! Les métamorphoses d’Ovide revisitées par le réalisateur des Chansons d’amour et d’Homme au bain (soit l’histoire de dieux grecs qui se transforment en animaux pour coucher avec des mortelles, parce que, tout le monde sait ça, les jeunes filles en fleur sont en fait de grosses nymphos zoophiles ; messieurs, pour pécho à la Foy’s de demain, n’hésitez pas à vous déguiser en lama ‪#‎astuceséduction‬). Comme Télérama, on appose notre label « On aime a priori ».

« Boys Like Us » de Patric Chiha. Trois amis trentenaires/parisiens/gays en pleine crise existentielle dans les montagnes autrichiennes. On lui prédit un vrai succès populaire à la Bienvenue chez les Ch’tis.

« Obvious Child » de Gillian Robespierre. On se contentera de recopier cette critique de Première : « L’une des conséquences les plus néfastes du carton de la série Girls aura été l’inflation de chroniques new-yorkaises sur de jeunes hipsters indécises, bien dans leur époque, mal dans leurs baskets. Racontant les galères d’une comédienne de stand-up se découvrant enceinte, Obvious Child, dernier spécimen du genre, ne trouve jamais le bon dosage entre férocité et tendresse, vannes scato et rom-com chamallow. C’est dommage, parce que l’épatante Jenny Slate, étoile montante de la comédie US, mérite un autre firmament. »

« Irina, la malette rouge » de Bernard Mazauric. Un mélodrame destiné aux enfants sur le destin d’une fillette serbe réfugiée dans la ferme d’une famille bosniaque en 1995. Un film que vous auriez sans douté été forcé à voir en sortie de classe si vous étiez en CM1. Mais bon, après, ça peut être bien hein.

Et enfin, « Le Secret de Kanwar » d’Anup Singh. En 1947, lors de la partition de l’Inde, un père sikh, pleurant son absence d’héritier mâle, déguise sa petite fille en garçon. Drame historique, questionnement de genre, histoire de fantômes : ça a l’air bien ! Et ça nous fait penser au départ de Camille Chalons, notre ancienne secrétaire, qui s’en va aux Indes aujourd’hui : prends soin de toi ma belle, envoie nous des photos.

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