Deuxième montée des marches pour les éclaireurs de CQN à Cannes qui sont allés voir le film Hors compétition The Rover dimanche 18 mai. L’intrigue se déroule dans une Australie post-apocalyptique à la suite d’une crise économique mondiale et largement dominée par les chinois (le nouveau fléau australien après les lapins), l’ambiance est glauque, moite et crasseuse à souhait. On admire les décors, les effets de lumières, le physique des acteurs et l’apparence des personnages dont la moitié doit être à la fois frère et oncle, qui parviennent tous ensemble à créer cette atmosphère extrêmement bien soignée. Les paysages aussi servent le propos : hostiles et désertiques. Le pitch est simple : le protagoniste se lance corps-et-âme dans une course-poursuite avec un gang de quatre criminels pour récupérer la seule chose qui lui restait, sa voiture. Le personnage principal fait froid dans le dos : stoïque, impitoyable, meurtrier étonnamment adroit, de sang-froid et d’une violence stupéfiante. L’action se déroule sur trois-quatre jours maximum (sans doute le seul point commun qu’a le film avec celui des Dardenne) et on est donc directement plongé dans l’univers. A l’exception d’un générique introductif plus qu’évasif (rien à voir avec les 7 minutes 30 du générique de Star Wars) et d’une unique confession du personnage principal au cours du film, on ne prend pas le temps de nous expliquer le passé ni l’histoire, le pourquoi ni le comment ; et c’est tant mieux. C’est un film instantané.

Pour souligner l’ambiance moite, crasseuse et ultra-violente on notera que les femmes sont quasiment absentes. Très peu de douceur dans ce monde de brutes. Des femmes, on en aperçoit deux ou trois et une seule a un rôle, celle du médecin du coin qui dégaine la carabine bien avant de sortir le stéthoscope et qui ne demande pas d’argent parce qu’elle a « appris à vivre sans ». Le casting aussi bien féminin que masculin est réduit donc, mais pas des moindres avec Guy Pearce (très puissant dans son rôle) et Robert Pattinson qui joue un personnage un peu attardé (à l’image de Casey Affleck dans L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford). Parfois un peu surjoué, le personnage donne un côté grotesque qui ajoute quelque chose de positif au film.

The Rover est beau film de genre que nous recommandons d’aller voir. Il tient bien en haleine et oscille habilement entre western post-apocalyptique et course-poursuite « tarantinesque ». Ne vous attendez pas à voir le film de l’année qui vous marquera à jamais mais un film tout de même très maîtrisé et dont l’heure et 42 minutes valent amplement la peine.

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