Cinq films américains en compétition à Cannes. Un record. Et si aucun n’a été récompensé, quelques bonnes surprises en provenance du pays de l’oncle Sam sont venues émailler la compétition. The Paperboy en fait partie. Pas un chef-d’oeuvre mais un vrai bon moment.

Un shérif assassiné. Une petite ville du Sud-Est des Etats-Unis. Une chaleur moite. Deux journalistes désireux de remplir un « papier ». Voilà peu ou prou notre contexte. On rajoute un joli casting (Matthew Mc Conaughey, Zac Efron, Nicole Kidman, John Cusack…), et c’est parti pour deux heures dans un univers d’une bizarrerie sans nom.

Et ça dit quoi alors ? Nos deux rigolos du Miami Times débarquent dans cette petite bourgade sudiste pour enquêter sur la culpabilité de l’assassin présumé du chef des forces de l’ordre locales. Le type en question est incarcéré à la prison du comté et se dirige tout droit vers la chaise électrique. On nous explique sommairement qu’il n’a pas vraiment eu le droit à un procès équitable et qu’il va peut-être trinquer pour un autre. Le beau Matthew retrouve à son arrivée son frère, l’idole des groupies pleines d’acné, Zac. Alors que le plus vieux des deux a fait carrière dans le journalisme, son cadet, ex-légende de la natation universitaire, peine à trouver un sens à sa retraite anticipée depuis qu’il a perdu sa mère. Le propos bascule lorsqu’entre en scène la belle Nicole Kidman. Celle-ci vient témoigner sur sa relation avec le taulard. Et Zac qui s’éprend de cette femme plus vieille que lui d’une vingtaine d’années.

Le réal’ fait clairement le choix de tisser des liens étroits entre les personnages puis d’explorer comment ceux-ci se tendent et se distendent. Jalousie, amour, rivalité, haine, mépris, admiration… Tout y passe. Bon d’accord mais elle est où la valeur ajoutée ? L’ambiance. A l’instar de Dans la brume électrique, Lee Daniels fait le choix d’exploiter au maximum ses décors. Les scènes dans les marécages sont éloquentes : on sent la moiteur sur la chemise, l’omniprésence des moustiques et la crainte des alligators. Les jeux de lumière sont permanents : les nuits sont sombres et mystérieuses, les journées claires et aveuglantes. On sent le choix d’empêcher le spectateur d’accrocher son oeil sur tel ou tel plan. Même les acteurs sont flous, on ne voit jamais complètement leurs traits.

Et on finit par ne plus bien comprendre ce qui se passe. Les jalons apparents dans le récit ne font que nous perdre un peu plus. Une sorte de rêve éveillé. Comme si les protagonistes se laissaient dépasser par ce qu’ils font les uns avec les autres. Le paradoxe essentiel provient du basculement à mi-parcours d‘une comédie un peu noire vers un drame plutôt drôle. Tout ça dans un esprit assez déjanté et à l’aide de scènes complètement farfelues : orgasmes platoniques et pisses salvatrices offrent d’étranges fou-rires.

Les acteurs incarnent avec brio cette clique de paumés. Nicole Kidman est drôle à souhait en vamp’ nymphomane. Quant à Zac Efron, le désœuvrement d’un jeune « abandonné » par sa mère lui offre ici une performance prometteuse pour la suite. En définitive, peu à redire sur l’ensemble si ce n’est un peu de précipitation dans une ou deux scènes. Quelques idées auraient mérité d’être approfondies, notamment autour du cas du « prisonnier ». Il est fort à parier que les spectateurs accueilleront assez bien au mois de novembre prochain ce Cohen brother’s like. On est clairement aux antipodes de gens ordinaires qui font des choses ordinaires. Un vrai divertissement qui nous donne à voir quelques passages vraiment inédits.

Et mine de rien, on aime ou pas, mais ça ne laisse pas indifférent.

A.

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